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| Radiothérapie des cancers |
Réactions aiguës | |
Leur survenue est peu dépendante de la dose par fraction. Elles correspondent aux lésions des tissus à renouvellement rapide (épiderme, muqueuses, cellules hématopoïétiques, ...) et sont inévitables.
Les réactions cutanées et muqueuses immédiates sont assez constantes, mais d'intensité très variable : de la simple gène à l'inconfort majeur, obligeant parfois à un arrêt temporaire (rarement définitif) de l'irradiation.
L'érythème
fugace initial |
L'érythème fugace peut s'observer dès les premières séances (d'origine inflammatoire). |
L'épidermite
sèche |
L'épidermite
sèche se manifeste au bout de 15 jours environ par
une pigmentation progressive, une desquamation fine et un léger
prurit, au niveau des zones d'entrée ou de sortie des rayons (effet
table), près des plis ou lorsque les rayons abordent tangentiellement
la peau. On recommande l'application de pommades locales type Biafine,
l'usage de savon gras, d'huile d'amande douce. On évitera le rasoir
mécanique. |
L'épidermite
exsudative |
Rare avec les appareils modernes de traitement, elle
se traduit par des phlyctènes,
puis des suintements
séreux et des douleurs locales. Etendue, elle impose l'arrêt
de l'irradiation, une désinfection locale et des pansements gras.
Elle cicatrise sans séquelle, permettant de reprendre l'irradiation.
Elle se complique rarement de pyodermites. |
L'alopécie
ou épilation |
L'alopécie ou l'épilation, parfois définitives, s'observe selon l'énergie du rayonnement utilisé. |
| Au niveau ORL |
La mucite : Commençant à se manifester à partir de 15 à 25 Gy (10-20 jours) : mucite rouge puis blanche, douloureuse, s'accompagnant de dysphagie. Traitement par anti-inflammatoires, anesthésiques locaux, pulvérisations antiseptiques. Possibilité de candidose surajoutée. La sécheresse des glandes salivaires (xérostomie) survient dès que la dose dépasse 30-40 Gy, sans possibilité de correction bien nette (salive artificielle). Au niveau du larynx, on peut observer une dysphonie, voire une dyspnée (à traiter par corticoïdes). |
| Au niveau du médiastin |
L'œsophagite radique : Survient vers 30 Gy, entraînant une dysphagie sévère. D'où l'intérêt du "split-course" qui arrête le premier temps de l'irradiation à 30 Gy et laisse le temps aux lésions aiguës de cicatriser avant la reprise du traitement. Le poumon radique aigu : Est une complication rare, à partir de la dose de 25-30 Gy, en cas d'irradiation intéressant un grand volume. Elle débute un mois après l'irradiation, se manifestant par une dyspnée avec fièvre à 39°. Il s'agit d'une alvéolite inflammatoire, nécessitant une corticothérapie, très efficace si elle est débutée dès l'apparition des premiers signes. |
| Au niveau de l'abdomen |
L'iléite radique précoce : Survient
dès 30-40 Gy, surtout chez les patients obèses, ou après
une laparotomie à l'origine d'une diminution de la mobilité
des anses grêles. Elle entraîne douleurs abdominales, diarrhée,
état fébrile, voire un tableau subocclusif. Elle oblige
à un arrêt de l'irradiation, nécessite une mise au
repos de l'intestin, réhydratation, antidiarrhéiques, antiseptiques
intestinaux et corticothérapie. L'intervention chirurgicale doit
être évitée à tout prix, car à l'origine
de résections intestinales massives et itératives. |
| Au niveau du pelvis |
La cystite précoce : Se traduit par des mictions fréquentes, des brûlures mictionnelles et une dysurie. Elle nécessite, en cas de doute, une cytologie urinaire. Un traitement anti-inflammatoire simple, une diurèse importante sont recommandés. La rectite précoce : Notamment en cas d'irradiation du sigmoïde, se traduit par une diarrhée, des douleurs rectales, des glaires et éventuellement des rectorragies, pouvant nécessiter des lavements aux corticoïdes. |
Elles sont assez communes à toutes les irradiations :
- asthénie (d'autant plus marquée que le volume irradié est important)
- nausées, vomissements (pouvant être très améliorés par les nouveaux anti-vomitifs ou sétrons)
- anorexie (difficile à traiter),
- anémie, leucopénie, thrombopénie, en cas de volume médullaire irradié important, à surveiller par une NFS régulière : le retour à la normale étant lent, on arrête généralement l'irradiation en-dessous de 1 000 polynucléaires, et 80 000 plaquettes.