| Ch 6 | Exemple de Classification des cancers | |
| Classification des cancers |
Cancer du testicule | |
Il existe de nombreuses classifications pour les cancers du testicule.
La plus usuelle est celle décrite ci-dessous, en rapport avec l'Association Américaine d'Urologie.
La première distinction concerne le type histologique : on peut distinguer les tumeurs séminomateuses des tumeurs non séminomateuses, elles-mêmes constituées de plusieurs types histologiques qui souvent s'associent.
| Tumeurs séminomateuses |
Tumeurs non séminomateuses |
||
Aspects macroscopiques |
|||
Séminome |
Choriocarcinome |
Tératocarcinome |
Dysembryome |
Aspects microscopiques |
|||
| Séminome |
Choriocarcinome |
Tumeur vitelline |
Dysembryome |
| Le chargement
de ces images demandent environ 10 secondes à 56,6 k |
|||
Les images suivantes sont disponibles :
| Stade 1 |
Stade 2 |
Stade 3 |
Cependant, le stade I peut être subdivisé selon l'atteinte du testicule et des organes adjacents. Cette classification est faite après la castration unilatérale (plus joliment appelée orchidectomie unilatérale).
| T |
Description |
| T0 |
pas de lésions constatée cliniquement ou à l'échographie |
| Tumeur limitée au testicule et à l'épididyme sans invasion lymphatique ou vasculaire ; atteinte possible de l'albuginée mais pas de la vaginale | |
| Tumeur limitée au testicule et à l'épididyme avec invasion lymphatique et/ou vasculaire et/ou extension possible au de là de l'albuginée avec atteinte de la vaginale | |
| Tumeur envahissant le cordon spermatique avec ou sans envahissement lymphatique ou vasculaire | |
| Tumeur envahissant le scrotum avec ou sans envahissement lymphatique ou vasculaire. |
Il n'est pas sûr que cette distinction recouvre toujours des pronostics différents, car en fait selon l'importance de l'atteinte locale, s'ajoutent de façon plus ou moins importantes des lésions ganglionnaires ou métastatiques.
En outre, dans les stades II et III, on a décrit des formes de bon pronostic, de pronostic intermédiaire ou de mauvais pronostic.
Une de ces classifications, souvent utilisée dans les essais thérapeutiques, est celle de Villejuif, basée sur les marqueurs.
| Stade |
Description |
| Stade I | Atteinte limitée au testicule Pas datteinte des ganglions rétropéritonéaux |
| T1-T4 |
cf. ci-dessus |
| Stade II | Atteinte des ganglions rétropéritonéaux |
| A | Ganglion(s) de moins de 2 cm de diamètre |
| Ganglion(s) de 2 à 5 cm de diamètre | |
| Ganglion(s) de plus de 5 cm de diamètre | |
| Stade III | Atteinte des ganglions sus-diaphragmatiques Métastases extra-ganglionnaires (poumons, foie, cerveau, os) |
Plusieurs classifications ont été utilisées pour définir la gravité des formes diffuses des cancers testiculaires. La classification de l'Université de l'Indiana est basée sur plusieurs milliers de cas.
| Bon pronostic | Atteinte isolée des marqueurs (AFP ou HCG) après
dissection lymphatique Ganglion sus-claviculaire avec ou sans ganglions retro-péritonéaux Maladie rétro-péritonéale non dissécable mais non palpable Métastases pulmonaires peu nombreuses (< 5 par champ) ou < 2cm |
| Pronostic moyen | Masse abdominale palpable (ou > 10cm au scanner),
sans lésion sus-diaphragmatique Métastases pulmonaires en nombre modéré (5 à 10 par champ), dont la plus grande fait moins de 3cm, ou une seule de grande taille, ou une atteinte médiastinale de moins de 50% du diamètre thoracique |
| Pronostic réservé | Multiples métastases pulmonaires ou de grande taille Atteinte majeur du médiastin Masse abdominale palpable et métastases pulmonaires Atteinte hépatique, osseuse, ou du système nerveux central |
Cette classification est complexe.
On lui préfère en France celle proposée par J.P. Droz à l'Institut Gustave Roussy, basée sur les marqueurs tumoraux.
On peut calculer le risque de mise en rémission complète selon une formule mathématique, dont l'abaque ci-dessous permet de déterminer facilement le pronostic.
![]() |
Cette classification a été reprise dans la classification de l'OMS.
La subdivision en stades est basée sur la présence et le degré d'élévation du taux sérique des marqueurs tumoraux.
Le taux des marqueurs sera déterminé immédiatement après l'orchidectomie, et, s'il est élevé, une série de prélèvements sera faite suivant la demi-vie normale de l'AFP ( demi-vie de 7 jours) et de la HCG (demi-vie de 3 jours) pour surveiller cette élévation.
La classification S est basée sur le nadir de la HCG, de l'AFP après l'orchidectomie. Le taux sérique de LDH (mais pas son taux de demi-vie) a une valeur pronostique chez les patients avec maladie métastatique et il est pris en compte dans la classification. N (dans le tableau ci-dessous indique la valeur normale pour le laboratoire).
| LDH |
HCG ( mUI/ml) |
AFP (ng/ml) |
|
| S0 | N |
< 3 |
< 3 |
| S1 | < 1.5 x N |
< 5.000 |
< 1.000 |
| S2 | 1.5 x à 10 x N |
5.000 à 50.000 |
1.000 à 10.000 |
| S3 | > 10 x N |
> 50.000 |
> 10.000 |
Il faut distinguer les tumeurs séminomateuses des tumeurs non séminomateuses.
Tumeurs non séminomateuses |
|
Classification |
Survie à 5 ans |
| Stade 1 | 100% |
| Stades 2a et 2b | 95 - 100 % |
| Stade 2c | 70 - 90 % |
| Stade 3 : bon pronostic | 70% |
| Stade 3 : pronostic intermédiaire | 30 - 50 % |
| Stade 3 : mauvais pronostic | < 30% |
| Récidive après chimiothérapie | 20% |
Tumeurs séminomateuses |
|
Classification |
Survie à 5 ans |
| Stade 1 | 95% |
| Stades 2a et 2b | 95 % |
| Stade 2c | 85 % |
| Stade 3 | 30 - 50 % |
| Récidive après radiothérapie | 70% |
On remarquera la différence énorme de survie en cas de récidive : la plupart des séminomes ont un traitement adjuvant par radiothérapie, mais il s'agit d'une tumeur très sensible à la chimiothérapie et qui peut être rattrapée assez facilement par des traitements standards.
Un site intéressant décrivant la problématique du cancer du testicule est le site NetScope, notamment le chapitre testicule.
Un autre site intéressant est constitué par le site du réseau lorrain Oncolor qui décrit la classification des cancers du testicule.
Un site très intéressant pour l'aspect macroscopique et microscopique des pièces d'orchidectomie est Webpath de l'Université de Floride.