Bien sûr, dans l'absolu, tous les cancers peuvent donner toutes les métastases : cependant, la fréquence de survenue élective de certaines métastases permet de définir un bilan standard pour la plupart des localisations cancéreuses.
Extension locale
L'étude de l'extension locale a pour but de préciser le siège et les dimensions de la tumeur, ses relations avec les organes voisins. Elle s'apprécie sur le volume tumoral, selon des moyens différents adaptés à la localisation tumorale.
Evaluation d'une tumeur superficielle
L'examen clinique permet souvent de préciser un certain nombre de données.
Ainsi, pour le cancer du sein, on peut :
- mesurer les diamètres du nodule mammaire,
- préciser sa localisation par rapport au mamelon,
- vérifier ses rapports avec la peau : adhérence, envahissement cutané (phénomène de peau d'orange),
- vérifier sa mobilité par rapport au muscle pectoral et au gril costal,
- la mammographie permet une évaluation objective plus exacte, et précise d'autres caractères radiologiques typiques d'un cancer : irrégularité des structures, aspect étoilé, microcalcifications.
Une situation analogue s'observe pour la thyroïde, le testicule : dans ces tumeurs, l'examen clinique simple permet déjà une bonne classification.
Evaluation locale d'une tumeur accessible à l'examen clinique
Une combinaison des examens cliniques et complémentaires permet d'évaluer l'extension locale.
Dans le cancer du col de l'utérus,
- l'examen au spéculum permet de mesure les diamètres de la lésion et de définir l'invasion de la cavité vaginale,
- les touchers pelviens (surtout le toucher rectal) permet d'apprécier l'infiltration de la paroi vaginale et des paramètres,
- l'urographie intraveineuse détecte une compression urétérale au niveau des paramètres,
- la cystoscopie étudie l'atteinte vésicale éventuelle, et en cas de doute la rectoscopie l'atteinte rectale.
Pour une bonne classification de la tumeur du col utérin, un examen gynécologique sous anesthésie générale est nécessaire pour permettre un examen tranquille des lésions, sur une patiente complètement détendue. Un tel examen est impératif pour la classification de la FIGO.
Une situation analogue s'observe pour les cancers de la langue, les cancers ORL, le cancer de la prostate, le cancer du rectum : l'examen clinique permet une bonne évaluation. Il est complété si besoin par des examens complémentaires simples parfois pratiqués sous anesthésie générale.
Evaluation des cancers profonds
L'inventaire nécessite la combinaison d'examens plus complexes.
Pour le cancer colique, c'est essentiellement la côlonoscopie qui permet de faire le diagnostic, et d'évaluer l'invasion superficielle. Cependant, l'importance de l'évaluation de l'atteinte en profondeur de la tumeur nécessite la pièce chirurgicale.
Pour le cancer bronchique, la bronchoscopie permet d'évaluer les dimensions de la tumeur, mais non son degré d'infiltration, qui nécessite un scanner thoracique, et une éventuelle médiastinoscopie. Malgré ces examens, les surprises opératoires sont fréquentes.
Pour le cancer de l'ovaire, c'est la laparotomie exploratrice qui permet de faire une classification correcte.
