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Dernière modification effectuée
le 1 December 2010

Recherche de nouveaux facteurs de pronostic

La plupart des facteurs de pronostic du cancer localisé du sein, jusqu'à maintenant, étaient constitués par des constatations cliniques (taille de la tumeur, présence et nombre d'adénopathies), histologiques (degré de différenciation de la tumeur - score) ainsi que la présence de récepteurs hormonaux (oestrogènes, progestérone) ou de récepteurs des facteurs de croissance HER2.

De nombreuses études ont essayé de corréler l'expression des gènes avec le pronostic. En étudiant de façon systématique l'expression d'un grand nombre de gènes sur un grand nombre de prélévements tumoraux issus de patientes dont on connaissait l'évolution cancérologique (en rémission ou en évolution ou décédée), il a été possible de classer les gènes en

      • gènes en relation avec un bon pronostic,
      • gènes en relation avec un mauvais pronostic,
      • gènes n'ayant pas de relation avec le pronostic (la majorité des gènes).

Ces études ont été facilitées par les progrès technologiques permettant de traiter une grande quantité de matériel biologique.

Une première publication, par l'équipe d'Amsterdam (Marc J. Van De VIJVER et coll), a été faite en 1999 et portait sur 70 gènes et 279 malades, ayant ou non un atteinte ganglionnaire, traitées localement de façon similaire. Elle définissait une signature de mauvais pronostic et une signature gènique de bon pronostic. La technique utilisée est celle des puces à ADN.

Un peu plus tard, une autre publication (Soonmyung PAIK et coll), utilisant la PCR quantitative après action de la réverse transcriptase, permettait d'isoler un certain nombre de gènes potentiellement utilisables. Au total,21 gènes ont été isolés et ont abouti à un kit commercialisé aux Etats-Unis sous le nom d'Oncotype DX.

Après une première phase très expérimentale, portant sur une population de patientes connues, un certain nombre d'études de vérification et surtout d'utilisation ont été mises en route.

Etude du NSABPB-20

(Essai américain sur les cancers du sein traités par Tamoxifène avec ou sans chimiothérapie)

Cette étude rétrospective permet de distinguer des femmes avec un risque faible ou intermédiaire de d'évolution à distance, pour lesquelles la chimiothérapie n'a pas un grand intérêt, et celles ayant un risque élevé pour lesquelles la chimiothérapie adjuvante apporte une amélioration très nette. Dans cette étude qui ne comporte que des femmes ayant des récepteurs positifs (bon pronostic), seule l'expression gènique permet de distinguer celles qui bénéficient d'une chimiothérapie de celles qui n'en bénéficient pas.

Cette étude utilise le score de récidive basé sur 21 gènes (Oncotype DX).

Etudes européennes

Un ensemble d'études européennes ont été conduites, dont certaines sont encore en cours, comme l'essai MINDACT.

Validation complémentaire sur 307 tumeurs mammaires, sans atteinte ganglionnaire.

Validation de la signature gènique : les patientes peuvent être classées entre risque clinique usuel important ou non, et risque calculé selon l'expression gènique. On voit que l'expression gènique a un capacité de différenciation sur le critère pronostique plus important que les considérations cliniques habituelles.

L'étude TRANSBIG concernait les femmes avec une atteinte ganglionnaire (un à trois ganglions positifs). L'étude multivariée montre que le facteur le plus important est la classification gènique (Hazard ratio de 5.70), suivi du grade histologique, du nombre de ganglions, du statut HER 2. On retrouve le même type de courbes de survie que plus haut : c'est le risque biologique (statut gènique) qui est le facteur le plus important.

Etudes de validation : vers une allégement des traitements

Ces résultats ont conduit à la mise en route de l'étude MINDACT ( Microarray In Node-negative and 1 to 3 positive lymph node Disease may Avoid ChemoTherapy : l'étude de l'expression gènique des tumeurs par puces à ADN peut peut-être permettre d'éviter la chimiothérapie).

Ces études utilisent la méthode Mammaprint (méthode dite d'Amsterdam), basée sur l'étude des puces à ADN portant sur 70 gènes.

On peut espérer définir ainsi quelles sont les malades qui profitent réellement des traitements adjuvants et ne plus le proposer à des patientes qui n'en ont pas besoin (bon pronostic clinique et bon pronostic 'génique').

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