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Dernière modification effectuée
le 12 November 2010

En outre, il n’a pas encore été démontré s’il est utile de traiter les malades au moment de leur rechute biologique ou au moment de leur rechute clinique.

Pour beaucoup de cancers, il n'est pas clair s'il est préférable de traiter les patients au moment de la rechute biologique ou de la rechute clinique. Sauf quand un traitement curatif peut être entrepris (par exemple, traitement local d'une récidive locale d'un cancer du sein, radiothérapie de la loge prostatique après prostatectomie, hépatectomie partielle d'une métastase unique et tardive d'un cancer du colon), pour la plupart des cancers nous ne disposons pas de traitement curatif à instituer le plus tôt possible de façon scientifiquement démontrée.

Amélioration de la survie en suivant le marqueur En [1], le raisonnement logique veut qu’un malade traité précocement d’une rechute de son cancer (sur la biologie) a une survie plus longue et plus de chance de survie qu’un malade traité seulement au moment de sa rechute clinique
Pas de différence de survie en suivant le marqueur En [2], ce raisonnement peut être mis en brèche, si le traitement est toxique et entraîne des risques vitaux importants soit directement (toxicité directe), soit par des effets non connus (cf. hormonothérapie par œstrogènes à fortes doses dans le cancer de la prostate dans l'étude célèbre des vétérans américains).
Suivi du cancer par un marqueur non concluant En [3], la réalité, c’est que peu d’études randomisées ont été menées, et qu’on ne sait pas si traiter précocement les malades de leur rechute a ou non un intérêt. Chacun agit selon son principe sans raisonnement scientifique évident.

Exemple du cancer de l'ovaire

Un exemple intéressant est le traitement de la récidive basé sur l'augmentation du Ca125 dans les cancers de l'ovaire (essai MRC OV05 - EORTC 55955).

Les patientes traitées en première ligne, ayant eu une rémission complète, ont été enregistrées. Le Ca125 a été dosé tous les 3 mois, mais ni la patiente ni le médecin n'étaient tenus au courant du résultat. Le coordinateur de l'essai informait le clinicien dans un cas sur deux (tiré au sort) et le clinicien traitait la patiente dès qu'il était informé ou en cas de signe clinique d'évolution de la maladie.

529 malades ont été incluses dans l'essai (265 dans le bras traitement précoce sur le dosage des Ca125, 264 dans le bras traitement sur les signes d'évolution clinique).

Il n'y a aucune différence de survie (comptée à partir de la découverte du cancer) entre les deux bras. Les patientes traitées précocément ont souvent reçu une troisième ligne de chimiothérapie.

La qualité de vie des patientes traitées précocément est moins bonne que celles traitées tardivement.

Cette étude permet d'avoir des arguments scientifiques solides à proposer aux femmes désirant vraiment participer à la décision dans le suivi de leur maladie. Savoir plus tôt n'est pas nécessairement (pour l'instant du moins) être mieux traitée.

Attitude pratique

D'autres exemples existent.

En particulier, dans le cancer de la prostate, il n'est pas sûr qu'il soit légitime de mettre en route une hormonothérapie dès que le taux de PSA commence à monter au cours du suivi après le traitement initial. Un traitement précoce n'a pas fait la preuve de la supériorité dans l'efficacité.

On voit malheureusement également des traitements institués sur l'augmentation des Ca15-3 ou des ACE dans le cancer du sein métastatique ou du Ca19-9 ou de l'ACE dans le cancer du colon métastatique. Là non plus, aucune étude ne vient prouver l'efficacité de ces prises en charge précoces qui entraînent toujours une toxicité.

Comme nous ne savons pas quelle est la meilleure surveillance, il n'est pas sûr que l'attitude trop fréquemment rencontrée de doser très régulièrement les marqueurs, à chaque visite de surveillance soit vraiment utile, ni sur le plan de la thérapeutique, ni sur le plan psychologique.

La surveillance clinique semble souvent suffisante.

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