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Dernière modification effectuée
le 19 October 2010
Sensibilité et spécificité Un marqueur tumoral idéal devrait permettre le dépistage, le suivi et un meilleur traitement et pour cela :

Sensibilité et spécificité

La sensibilité est définie par la proportion de malades porteurs d'une tumeur ayant le marqueur élevé. La spécificité est définie par la proportion de bien portants qui ont une valeur normale du marqueur. Un marqueur doit avoir une sensibilité et une spécificité élevées.

  Marqueur élevé Marqueur normal
Malades cancéreux 9 1
Bien portants 1.000 9.000

Dans l'exemple ci-dessus, la sensibilité est de 90% et la spécificité également de 90%. Au fur et à mesure que l'on utilise le marqueur pour essayer de dépister un cancer, on s'aperçoit qu'il n'est pas vraiment spécifique, et que beaucoup d'autres pathologies peuvent provoquer son élévation.

Cependant, si le marqueur est très spécifique d’un organe, comme par exemple le PSA, son utilisation pour le dépistage peut devenir intéressante : en effet, l’augmentation des taux pourra être en rapport avec une autre pathologie prostatique, mais permettra de commencer des examens complémentaires à bon escient.

Variation du PSA au cours du déroulement du cancer de la prostate

Représentation schématique du retard au diagnostic par rapport à l’augmentation du marqueur.

Le PSA est augmenté des années avant la découverte de la pathologie. Compte tenu du temps de doublement observé habituellement, on peut faire une projection en arrière.

Ainsi, 10 ans avant la découverte d’un cancer à un stade métastatique, statistiquement le malade présentait déjà des PSA élevés, c’est-à-dire que leur dosage aurait peut-être permis de découvrir le cancer à un stade non métastatique.

Un autre exemple intéressant est le dosage des HCG et des AFP au cours des cancers du testicule.

Après orchidectomie et ablation de la tumeur testiculaire, la présence isolée du marqueur tumoral dans le sang (HCG ou β-HCG > 3 et/ou α-FP > 3 ) signe la persistance de tissu cancéreux dans l'organisme. Il en résulte la mise en route d'une chimiothérapie systématique adjuvante.

Un exemple inverse est donné pour le Ca125, marqueur utilisé pour le cancer de l'ovaire, qui n’est pas du tout spécifique.

Le tableau suivant montre les tissus pour lesquels l'immunohistochimie permet de retrouver du Ca125.

Tissu épithélial

Foetus

Adulte

Néoplasme

Mésothélium

Péritoine
Péricarde
Plèvre

Péritoine
Péricarde
Plèvre

Mésothéliome

Epithélium müllerien

Trompe de Fallope
Endomètre
Col

Trompe de Fallope
Endomètre
Endocol

Adénocarcinome
Adénocarcinome
Adénocarcinome

Epithélium ovarien

   

Adénocarcinome

Le tableau suivant illustre les nombreuses pathologies pour lesquelles le Ca125 peut être augmenté indépendamment du cancer.

Tumeurs
malignes

Gynécologie
bénigne

Autres
tumeurs

Autres
pathologies

Cancer épithélial
Dysgerminome
Tumeur de Sertoli-Leydig
Tumeur Granulosa
Tumeur de la Trompe
Tumeur Endomètre
Tumeur Endocol

Endométriose
Adénomyose
Léiomyomes
Grossesse normale
Grossesse ectopique
Inflammations bassin
Règles

Pancréas
Poumon
Sein
Colon

Pancréatite
Cirrhose
Laparotomie
Péritonite
Tuberculose péritonéale

L'utilisation d'un marqueur pour le dépistage n'est guère envisageable.

Même un marqueur très sensible (90%) et très spécifique (90%) ne permet pas en effet une détection efficace. Supposons un cancer très fréquent (1/1000 personnes), sur 1000 personnes testées, 100 auront un marqueur positif : 99 auront des examens (biopsies) inutiles.

Actuellement, une telle attitude n'est recommandée pour aucune pathologie, compte tenu des risques encourus par les sujets bien portants inutilement testés et du coût d'une telle attitude.

Le dosage du PSA au cours du cancer de la prostate fait peut-être exception.

Cependant, ce taux n'aurait d'intérêt que si on considère les variations physiologiques en rapport avec l'âge (cf. toute la discussion au chapitre dépistage).

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