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Dernière modification effectuée
le 30 January 2012
Examen clinique

Lexamen clinique complet est le premier et souvent le meilleur moyen de faire un diagnostic prcis du stade du cancer.

(Voir plus bas les principaux signes révélateurs de certains types de cancer).

Il faut se donner le temps et les moyens d'examiner correctement un patient.

Dans une premier temps, il convient de laisser le malade expliquer sa maladie, à sa façon, avec ses mots, en écoutant ses silences et ses doutes. En général, un malade ne parle pas plus de 30 à 60 secondes et ces moments d'écoute, outre qu'ils nous renseignent beaucoup sur la psychologie du malade (élément important quand le diagnostic de cancer sera évoqué), est un signe patent et évident de politesse et de respect.

L'interrogatoire précis, courtois, discret et empathique, la recherche d'antécédents personnels et familiaux, le dialogue ouvert sont les premiers moyens pour mettre en confiance le patient. Ce dialogue personnel confiant avec le patient permet d'évaluer son mode d'appréhension de la maladie et comprendre sa situation personnelle, familiale, professionnelle et sociale. Tous ces éléments seront importants lorsqu'il faudra annoncer des mauvaises nouvelles et proposer un traitement parfois mutilant, toujours redouté.

Cette période initiale permet aussi un examen clinique détendu, complet, attentionné, respectant la pudeur du patient et évitant des douleurs inutiles.

Dans de nombreux cas, le malade va devoir se deshabiller et montrer ses parties qualifiées de 'honteuses' par la rumeur populaire. En fait, la pudeur des malades est tout à fait respectable, mais un examen attentionné permet de lever toutes les inhibitions culturelles qui peuvent parfois exister (notamment dans certaines populations du Sud). L'examen se doit d'être complet et nous devons vaincre aussi notre propre pudeur et nos propres inhibitions : il est plus facile de ne pas examiner un malade que d'attendre tranquillement qu'il (elle) se deshabille. Certaines fausses pudeurs peuvent aboutir à une absence d'examen et de diagnostic précoce (exemple : ne pas palper les seins, ne pas examiner les organes génitaux, etc.). On aboutit à des cancers monstrueux.

Certains cancers sont parfois monstrueux et on peut se demander comment le malade peut en arriver là. Les photos suivantes montrent l'impossibilité de communication qui existe parfois pouvant résulter en des tumeurs monstrueuses 'historiques' des lèvres, du visage,des ganglions cervicaux, du sein, de l'anus, du testicule ou de la verge. Les aspects psychologiques liés avec l'apparition du cancer, et notamment le déni, la honte, la peur d'être examiné(e), la peur de l'opération sont autant de facteurs qui peuvent expliquer la découverte fréquente de cancers aussi monstrueux.

L'examen se fait dans le calme : le médecin doit pouvoir se concentrer sur son examen clinique et faire taire le patient ou la famille, si besoin est. Un examen clinique détaillé où le médecin est à la recherche des signes cliniques, même si il perturbe l'intimité du patient, est vécu par celui-ci comme un signe de respect pour sa maladie et pour lui-même.

Certaines classifications ne font appel qu la clinique : l'apprentissage correct de l'examen clinique reste un élément essentiel du travail du futur médecin. Pour certains examens difficiles ou pénibles, l'examen sous anesthésie générale est recommandé (notamment pour la classification des tumeurs gynécologiques, car les touchers pelviens sont souvent désagréables et parfois douloureux : la détente indispensable à une bonne évaluation de l'atteinte des paramètres est rarement obtenue lors du premier examen).

Ainsi, la dcouverte de localisations secondaires mtastatiques, par un examen clinique simple, rend inutile des explorations ou des interventions complexes douloureuses.

Parmi les gestes essentiels :

  • L'examen des seins et leur palpation pour la caractrisation dune tumeur mammaire, pouvant être visible, le déformer ou se compliquer d'une infiltration cutanée sous la forme d'un aspect flétri en peau d'orange (illustration de ces anomalies).
  • la percussion et lauscultation pulmonaires pour la mise en vidence dun panchement pleural,
  • Lexamen de la cavit buccale (dont la palpation)  pour le diagnostic et lvaluation des cancers de la langue (image 1, et image 2)
  • Lexamen au miroir de Clarke pour ltude des cancers du larynx,
  • La palpation systmatique de toutes les aires ganglionnaires, cervicales, axillaires, inguinales,
  • La palpation de laire hpatique la recherche dune hpatomgalie secondaire,
  • La percussion (et la palpation) de laire splnique la recherche dune splnomgalie,
  • La palpation abdominale la recherche dune tumeur abdominale ou ovarienne,
  • Lexamen au spculum pour la mise en vidence dune tumeur du col utrin,
  • Le toucher vaginal avec toucher bimanuel pour la recherche dun gros utrus ou dune masse pelvienne,
  • Le toucher rectal pour ltude des paramtres dans le cancer du col,  ou la recherche dune masse pelvienne dans le cancer de lovaire,
  • Le toucher rectal pour le diagnostic et lvaluation dune tumeur prostatique,
  • Le toucher rectal pour le diagnostic et l'évaluation d'une tumeur rectale,
  • Lexamen complet des tguments la recherche de mtastases cutanes,
  • La palpation soigneuse et calme d'un gros scrotum pour différencier tumeur testiculaire (gros testicule dur indolore) et atteinte épididymaire (annexe testiculaire douloureuse), Certaines tumeurs peuvent être considérables et s'accompagner en cas de tumeur secrétant de l'hormone gonadotrope d'une gynécomastie bilatérale.
  • Lexamen neurologique la recherche dune mtastase neurologique.
Symptomatologie habituelle d'un certain nombre de cancers
Cancer du colon
Cancer du poumon
Cancer de la vessie
 
 
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Ainsi, lexamen clinique permet dj de faire souvent le diagnostic prcis de laffection cancreuse.

Il permet, en outre, un contact physique rel entre le soignant et le soign, indispensable pour un dialogue concret avec le sujet malade. 

Nombre derreurs psychologiques naissent de labsence de cette communication du toucher. Le dialogue avec les autres soignants (infirmires, aides-soignantes) montre combien les malades peuvent souffrir de cette absence de lien privilgi entre le mdecin et le malade.

Un bon examen clinique permet dviter des examens complmentaires inutiles : ceux-ci sont cependant indispensables dans pratiquement toutes les situations. Ils seront d'autant mieux acceptés que le médecin aura bien examiné son malade et expliqué l'intérêt de chacun de ces examens. Le médecin se doit d'expliquer ces examens demandés et recueillir un accord tacite de son patient pour les pratiquer.

L'explication de l'intérêt des examens complémentaires est indispensable. On doit expliquer au patient pourquoi on demande un examen complémentaire et quels renseignements importants il nous apportera (ou risque de nous apporter) dans le cas précis du patient. Une telle explication rassure le patient qui adhère au protocole de diagnostic et comprendra ensuite mieux le protocole thérapeutique.

On se doit de ne demander que les examens indispensables pour le diagnostic et la classification du cancer : tout examen complémentaire est pénible (plus ou moins) pour un patient. Il est des patients qui réclament beaucoup d'examens complémentaires, souvent parce que l'examen clinique initial leur est apparu superficiel. Un examen complémentaire doit apporter des renseignements réellement utiles. On peut expliquer au malade qu'un examen nous paraît inutile, pénible voire dangereux par un dialogue direct et concret.

L'explication du déroulement des examens complémentaires fait partie de l'information due au malade. Le médecin traitant, l'oncologue ou l'interniste doivent connaître suffisamment la procédure pour pouvoir prévenir le patient des avantages et inconvénients des examens demandés. La remise d'une documentation précise (permettant une explication nécessaire et suffisante) est souvent recommandée : celle-ci doit être rédigée en coordination entre le médecin spécialiste responsable de l'examen complémentaire, le ou les médecins prescripteurs, les personnels para-médicaux concernés (manipulateurs et infirmiers) qui sont souvent sollicités pour des explications plus précises que celles données par les médecins, éventuellement un 'comité de malades'. La remise d'un tel document n'exonère pas le praticien de dialoguer avec le malade (bannir la phrase "Tout est écrit dans le prospectus !").

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