BareCote
Lien RSS

Contact

Ce site respecte les principes de la charte HONcode
en collaboration avec la HAS
(loi 2004-810 du 13/8/2004)

Dernière modification effectuée
le 1 January 1970

Une des indications probablement très utiles du PetScan est la surveillance des traitements plus ou moins expérimentaux (notamment certaines nouvelles chimiothérapies).

Evaluation de la réponse au traitement

L'évaluation de la réponse au traitement repose habituellement sur une diminution de taille de la tumeur (cf. le cours sur le suivi). Cette diminution peut être observée soit cliniquement soit par des radiographies, des scanners, des modifications à l'échographie voire à l'IRM. Il existe souvent un certain laps de temps, avant que les modifications macroscopiques de la tumeur deviennent détectables.

Avec le PetScan, on peut espérer mesurer les modifications de l'activité cellulaire de la tumeur et son agressivité.

Une diminution de la fixation au PetScan, même sans modification de la taille de la tumeur, fait espérer une activité anti-tumorale du traitement entrepris.

A l'inverse, une persistance identique, voire une augmentation, est plutôt en faveur d'une inefficacité, et devrait inciter au changement vers une autre thérapeutique, plus efficace (si elle existe).

Les modifications en PetScan ne sont pas encore reconnues comme critère de résultat dans les études Phase II (mais, de toute façon, compte tenu du faible nombre d'appareils en France, il serait impossible de l'utiliser).

Autres pages sur le Pet-Scan

Exemple du cancer du poumon

Dans le cancer du poumon non à petites cellules, le Pet-Scan semble capable de différencier de façon plus fiable que le scanner les répondeurs des non répondeurs, avec une prédiction de survie meilleure (cf. publication de M.P. Mac Manus et coll).

Dans cette étude, les auteurs réalisent un Pet-Scan avant le traitement et 4 à 12 semaines après traitement (radiothérapie et chimiothérapie). Les malades ayant répondu complétement au Pet-Scan ont une survie bien meilleure à 2 ans que ceux qui n'ont bénéficié que d'une réponse partielle ou n'ont vu aucune réponse. Le scanner ne permet pas de distinguer de la même façon le pronostic futur. En particulier, certains patients ayant bénéficié d'une réponse complète au Pet-Scan, ont encore une masse résiduelle au scanner (correspondant probablement à une nécrose post-thérapeutique).

Un essai français est en cours de réalisation (2011) pour valider cette approche d'évaluation thérapeutique dans le cancer du poumon.

Exemple de l'ostéosarcome

Dans l'ostéosarcome, une chimiothérapie dite 'néo-adjuvante' est prescrite systématiquement avant tout geste local au niveau du membre (permettant la confection d'une prothèse adaptée à la morphologie du jeune).

Une évaluation de la réponse histologique, au moment de la résection de la tumeur et de la pose de la prothèse, permet d'évaluer l'importance de la réponse obtenue grâce à la chimiothérapie. Cette évaluation se reflète de façon très précise sur la survie du patient.

Le Pet-Scan montre une sensibilité très importante pour détecter les bons répondeurs (cf. M.Schulte et al) et les mauvais répondeurs. Il a permis aussi de détecter des métastases pulmonaires qui n'avaient pas été identifiées par le simple scanner.

Résultat d'une chimiothérapie néo-adjuvante pour un ostéosarcome de l'extrémité inférieure du fémur gauche d'une jeune fille de 16 ans (remarquer la fixation des cartilages de conjugaison). Après chimiothérapie néo-adjuvante, la tumeur s'est pratiquement complètement effacée, permettant de prévoir un bon succès histologique au moment de la résection chirurgicale et de la prothèse de genou. (Document issu de l'article de G.C. Toner et al)

L'utilisation du Pet-Scan en cours de chimiothérapie pour ostéosarcome peut peut-être permettre de détecter plus précocément la résistance à certaines chimiothérapies et donc d'adapter le traitement selon la réponse observée. Un essai est actuellement en cours (2011) dans ce sens.

Evaluation de la réponse aux thérapies ciblées

Il existe souvent un retard entre l'effet antiangiogénique supposé provoqué par les nouveaux médicaments (bevacizumab, sorafenib, sunitinib, erlotinib ou gefitinib) et la diminution de la taille observée (réponse observée cliniquement, sur le scanner ou l'IRM). Il serait intéressant de pouvoir connaître plus rapidement l'efficacité de tels médicaments (en outre coûteux).

Récemment, une étude de A.J. de Langen et al a montré que, dans le cancer du poumon, on peut observer une réponse précoce à certaines thérapies ciblées (bevacizumab ou erlotinib), au bout de trois semaines de traitement, grâce à l'utilisation du PetScan (18FDG) ou d'IRM de perfusion. Lorsque cette réponse est retrouvée, on observe une augmentation de la survie sans progression par rapport aux malades.

Ainsi, le Pet-Scan paraît supérieur, dans ces cas, aux classiques critères d'évaluation de la réponse tumorale RECIST.

Modifications stratégiques ?

Ainsi, après chimiothérapie d'un cancer du testicule avec métastases ganglionnaires rétropéritonéales, la persistance de masse ne signifie pas obligatoirement inefficacité de la chimiothérapie. Par exemple, dans les tumeurs testiculaires avec ganglions lombo-aortiques importants, on peut observer une persistance de la masse tumorale qui peut être :

  • soit de la nécrose pure et simple, non encore réabsorbée par les macrophages,
  • soit une transformation vers une tumeur bénigne (tératome mature), pouvant éventuellement redevenir immature quelques mois plus tard,
  • soit la persistance de tissu tumoral immature.

Le PetScan pourrait, en théorie, distinguer entre ces formes et éviter éventuellement une lymphadénectomie souvent difficile et non dénuée de risques fonctionnels (anéjaculation).

Scanner et Pet-Scan d'un patient de 58 ans, traité 18 ans auparavant d'une tumeur testiculaire droite par orchidectomie et chimiothérapie. Environ 15 ans après son traitement initial, apparition de lésions ganglionnaires massives rétroaortiques, mais également médiastinales sans aucune symptomatologie. Un Pet-Scan est pratiqué deux ans plus tard alors que les adénopathies ont tendance à augmenter de volume. Il se révèle positif uniquement au niveau des masses rétroaortiques. Une chirurgie diagnostique est réalisée montrant qu'il s'agit d'un tératome mature. Un nouveau Pet-Scan confirmera que l'image a bien été enlevée par le chirurgien. Conclusion : positivité en relation avec une tumeur bénigne. (Cas du CFB).

Ainsi, les résultats sont encore assez contradictoires, notamment après l'étude allemande de M de Wit et coll, qui conclut que le PetScan n'apporte que peu d'amélioration par rapport au scanner standard. Ces auteurs situent cet examen comme un complément du scanner.