On peut illustrer par quelques localisations particulières l'intérêt majeur du Pet-Scan.

Caractérisation d'un nodule pulmonaire

Les lésions pulmonaires focalisées sont très fréquemment rencontrées en clinique.

On appelle nodules des masses de moins de 3-4 cm de diamètre, généralement complètement entourées de tissu pulmonaire sain. La plupart de ces nodules sont asymptomatiques et la moitié sont de nature bénigne.

Les masses pulmonaires mesurent plus de 3 - 4 cm, sont le plus souvent symptomatiques et également très fréquemment malignes.

Le tableau ci-dessous, extrait de l'article de R. H. Albert et coll, cite les principales pathologies observées pour les nodules.

Si la morphologie de certains nodules ou de certaines masses paraît à l'évidence suspecte de pathologie maligne, certaines images radiologiques ou scannographiques ne sont pas toujours aussi évocatrices.

Le tableau ci-dessous décrit les principales étiologies rencontrées, d'après le Collège Américain des Pneumologues.

Autres pages sur le Pet-Scan

Pathologie bénigne Pathologie maligne

Granulome non spécifique

Hamartome

Granulome infectieux

Aspergillose
Coccidiomycose
Histoplasmose
Tuberculose

Adénocarcinome

Cancer épidermoïde

Métastase pulmonaire

Cancer à petites cellules

 


Lorsqu'une masse est de situation profonde, il peut être intéressant de connaître à l'avance quelle est sa signification (différenciation entre tumeur maligne et tumeur bénigne).

L'intégration du Pet Scan dans l'arbre décisionnel diagnostique du Collège Américain des Pneumologues (M.K. GOULD et coll) permet ainsi d'avoir une attitude très pragmatique face à ces images anormales. Le Pet-Scan est demandé systématiquement pour tout nodule de plus de 8-10 mm quand la probabilité de cancer est douleuse et dans les nodules plus petits lorsque la probabilité est plus grande (tabagisme, âge, aspect irrégulier de l'image, bords spiculés, absence de calcification de l'image, état général)

Cependant, il est impossible (sauf circonstances tout à fait exceptionnelles dues à un état général déplorable du malade) de se passer de l'histologie avant de commencer un traitement quelconque. Les techniques de radiologie interventionnelle ont considérablement progressé permettant des prélèvements indispensables pour obtenir les précisions anatomopathologiques indispensables à un traitement rigoureux (notamment en cas de tumeurs isolées).

Tumeurs surrénaliennes

Le diagnostic des tumeurs surrénaliennes fait suite à la découverte d'une masse surrénalienne sur un scanner pratiqué pour des raisons variées.

Il s'agit le plus souvent de tumeurs bénignes ou adénomes, riches en composants lipidiques : ces tumeurs se caractérisent par une prise du FDG peu intense ou modérée, ce qui permet de les différencier des tumeurs surrénaliennes métastatiques (notamment d'un cancer du poumon ou du rein). Ces tumeurs sont souvent appelés incidentalomes.

Le diagnostic de phéochromocytome fait appel au MIBG ou meta-iodo-benzyl-guanidine. De nouveaux traceurs semblent prometteurs dans ces cas : 11C-hydroxy-ephrédine ou 18F-dihydroxyphenylalanine. Ces techniques ne permettent pas toujours de distinguer la nature bénigne ou maligne de ces phéochromocytomes : la scintigraphie au 18FDG pourrait dans certains cas aider à différencier ces deux formes.

Les localisations surrénaliennes des lymphomes sont rares. En général, elles présentent la même affinité pour le 18FDG que les autres éléments pathologiques (ganglions notamment).

Les métastases surrénaliennes sont assez fréquentes au cours des cancers du poumon, du sein, de la peau (mélanome), du rein, de la thyroïde, du colon. Elles ne donnent le plus souvent aucun signe clinique. Dans près de la moitié des cas de ces cancers avec une masse surrénalienne, la tumeur des surrénales est bénigne (incidentalome). On voit donc l'importance d'en faire le diagnostic. En général, les métastases surrénaliennes se caractérisent par une fixation intense du 18FDG ce qui les distingue souvent très bien des tumeurs bénignes.

(cf. article de M.A. Blake et coll)