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Dernière modification effectuée
le 1 January 1970

La fixation élective des cellules cancéreuses

Les cellules cancéreuses sont très avides de glucose (métabolisme intense). Elles vont absorber le FDG en plus grande quantité que les cellules normales, elles ne vont pas l'éliminer. Elles seront donc plus 'radioactives' que les cellules normales.

Ce schéma, emprunté au site Petscanonline.net (disparu depuis sa création) explique bien l'accumulation de FDG-6-Phosphate dans la cellule normale ou cancéreuse. En effet, l'hydroxyle en position 2 (là où est situé l'atome de fluor) est indispensable pour permettre la poursuite de la dégradation de la molécule de glucose.

Autres pages sur le Pet-Scan

L'examen du PetScan

L'examen de PetScan comporte une injection de 18FDG environ une heure avant la prise des images. Un repos strict, sans parler, permet au traceur de se fixer sur les zones d'intérêt (cf. plus bas le problème des muscles). Au retrait de la perfusion, le malade vide sa vessie, et un myorelaxant peut être administré en cas de stress.

L'acquisition des images se fait comme pour un scanner par 6 à 8 passages dans le tunnel du PetScan. Selon les besoins de l'examen, la durée d'acquisition (immobilisation du patient) varie entre 45 minutes et un peu moins de deux heures.

Afin d'améliorer la localisation des images, l'examen isotopique est souvent couplé à un scanner à rayons X (intégré dans les nouvelles machines). Ceci permet de coupler l'image fonctionnelle à l'image anatomique.

De nombreuses lésions sont maintenant visibles sur le PET-Scan. Dans certains cas, le volume cellulaire tumoral est si faible, qu’aucune anomalie morphologique/anatomique n’est visible. Les machines PET pourraient détecter des tumeurs de très faible taille infra-centimétrique.

La détection de très petites images, si elles augmentent la sensibilité, peut en diminuer la spécificité. Une grande prudence d'interprétation s'impose donc. Certaines maladies peuvent donner des images proches de celles du cancer (silicose pulmonaire par exemple) et une image douteuse doit être vérifiée, si possible, par l'anatomie pathologique.

Images normales

L'interprétation d'un PetScan repose sur l'intensité de la fixation du traceur par l'organisme, et notamment avec le FDG le métabolisme glucidique. Le sucre est un substrat énergétique universel.

Certaines structures normales sont habituellement visibles :

  • Le cerveau ,
  • Le myocarde,
  • Les muscles striés du squelette (d'où la nécessité du repos du patient avant l'examen et l'importance de la 'décontraction' du malade pendant l'examen, nécessitant parfois l'administration d'un léger sédatif),
  • Les reins, les uretères et la vessie
Image de contracture musculaire chez un patient traité pour une adénopathie métastatique sus-claviculaire droite d'un cancer du testicule. Le patient a pris cette habitude de pencher la tête sur la droite et en avant. Il est très contracturé en permanence. Une rééducation a été nécessaire pour corriger cette attitude vicieuse. Remarquer la prise de contraste le long des muscles spinaux.

De manière moins intense sont également visibles :

  • le foie, la rate
  • la moelle osseuse, notamment après chimiothérapie et utilisation de facteurs de croissance (régénération)
  • la thyroïde, la langue, le larynx,
  • le tube digestif,
  • le point d'injection du traceur,
  • la vessie..

Image typique normale, montrant l'hyperfixation habituelle du cerveau, du myocarde, des reins, des calices, de la vessie. Les autres structures anatomiques sont simplement évoquées.

On remarquera l'augmentation relative au niveau de la thyroïde, de la langue et du larynx.

Du fait de l'absorption des photons gamma de 511 kEv par le tissu adjacent, il convient de corriger cette absorption pour permettre de mieux localiser de toutes petites lésions. Un certain nombre de procédés automatiques permettent cette correction.

Unité de fixation du glucose : SUV

L'image obtenue est fonction de la captation du traceur et donc de la consommation du glucose. Des méthodes de calcul complexes permettent de quantifier la quantité de glucose consommée par la tumeur en mg/mn pour 100 g de tumeur.

En général, on utilise le SUV (Standardized Uptake Value) à partir du poids du malade, de la concentration tissulaire en FDG.

Une valeur inférieure à 2 est plutôt en faveur d'une pathologie bénigne. Une valeur minimale pour être suspecte doit être de 2.5 pour les nodules pulmonaires, de 4.4 pour les masses médiastinales et de 5 pour le diagnostic de récidive.

Cependant, il n'y a pas de distinction bien établie toujours entre bénin ou malin, mais également en raison des différences dues à la morphologie des sujets (obésité) avec risque de surestimation.

Le SUV permettrait aussi d'évaluer la réponse au traitement (cf. plus loin)

Reconstitution des images

Il est possible de reconstituer des images en mode axial transverse (comme les coupes de scanner), mais également en mode frontal et saggital. Une modalité intéressante consiste en mode tridimensionnel avec des procédés variés comme le Maximum Intensity Projection.

Des clichés spectaculaires mais également informatifs peuvent être obtenus où l'on voit une rotation du sujet autour d'un axe saggital.