L'immunohistochimie


L'examen immuno-histochimique (IHC) consiste à révéler sur coupe histologique, par réaction antigène-anticorps, la présence de récepteurs antigéniques cellulaires intranucléaires, membranaires ou cytoplasmiques.

Le schéma technique est le suivant :

1 - Antigène


2 - Anticorps 1


3 - Anticorps 2


4 - Complexe Avidine-biotine-péroxydase

 

Après étalement, déparaffinage et séchage des coupes, l'anticorps primaire est déposé directement sur le tissu et reconnaît, s'il existe, le récepteur antigénique recherché.

Un deuxieme anticorps susceptible de se fixer à l'anticorps primaire et complexé à un système avidine-biotine-peroxydase permettant la révélation est appliqué.

La Diaminobenzidine ou l'Acide Ethynyl-Corbazole révèle la réaction en brun et rouge respectivement.

Une contre-coloration douce avec l'hématoxyline recolore le tissu et rend possible une détermination topographique du marquage.

Des automates existent pour effectuer les étapes qui suivent la préparation des coupes.

Néanmoins, les résultats connaissent des variations importantes d'un service à l'autre, d'un tissu à l'autre, d'un cas à l'autre. Ils dépendent de plusieurs étapes d'amont à commencer par la fixation, en particulier sa durée et le type de fixateur.

D'autres facteurs sont capitaux, notamment la dilution de l'anticorps et le mode de démasquage antigénique (par la chaleur).

Il est indispensable de s'assurer, par des témoins positifs et négatifs de la fiabilité des réactions. La coloration est stable et peut être analysée à tout moment, même plusieurs années après (études rétrospectives possibles). De même, le bloc en paraffine archivé peut être recoupé et donne la possibilité de réactions complémentaires ultérieures.

L'analyse impose une critique technique, une interprétation quant au seuil de positivité ou de négativité, la localisation cellulaire du marquage et enfin une confrontation précise avec les autres examens biologiques ou pathologiques.

Il existe quatre indications essentielles en cancérologie :

De nombreux anticorps sont commercialisés pour le diagnostic.

Certains permettent la classification simple du type de cancer peu différencié: par exemple, l'Antigène Commun Leucocytaire (CLA) est positif dans les cellules lymphoïdes et par conséquent les lymphomes (cf exemple plus bas), les cytokératines sont positives dans les carcinomes, la protéine S100 dans les mélanomes.

Peu d'anticorps sont cependant spécifiques et les résultats sont à interpréter au vu d'une combinaison d'entre-eux en recherchant une cohérence dans leurs résultats (positif/négatif) en fonction des hypothèses diagnostiques.

En seconde intention, des réactions viennent affiner les diagnostics : phénotypage, origine néoplasique, classifications diverses, qui peuvent avoir leur importance pour le pronostic ou les propositions thérapeutiques.

Exemple de lymphome marqué au CLA
Image d'immunohistochimie

En présence d'une métastase ganglionnaire ou viscérale sans primitif connu, il est important d'orienter le clinicien vers une localisation primitive plausible, et ce afin de réduire le nombre d'examens complémentaires et d'adapter au mieux la thérapeutique. Là encore, peu d'anticorps sont très spécifiques; on reconnaît cependant la Thyroglobuline (TG) pour l'origine thyroïdienne vésiculaire et papillaire, la Thyrocalcitonine (TCT) pour le carcinome médullaire thyroïdien, l'Antigène Spécifique Prostatique (PSA) pour le carcinome prostatique. D'autres servent d'orientation et permettent d'évoquer une probabilité de localisation primitive.

De part la simplicité et le relatif faible coût de l'IHC, beaucoup de facteurs pronostiques sont recherchés par cette technique. Ceux-ci ne peuvent cependant être validés pour l'utilisation clinique qu'après des études cliniques authentifiant leur pertinence qui est jugée sur la survie globale ou la survie sans rechute. Nous citerons en particulier le facteur de prolifération Ki67 (anticorps MIB1) qui, lorsqu'il est élevé, confère aux tumeurs un moins bon pronostic.

Le rôle prédictif de l'Immunohistochimie est plus récent mais montre une augmentation parallèle à la recherche de thérapeutiques antitumorales ciblées spécifiques.

Actuellement, il concerne essentiellement:

Immunohistochimie des récepteurs aux oestrogènes
Détail d'immunohistochimie
Immunohistochimie des récepteurs à la progestérone
Détail d'image d'immunohistochimie
Recherche de l'oncogène c-erb-B2
Imege d'immunohistochimie
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