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Dernière modification effectuée
le 17 September 2010

Par sa séquence définie d'évolution de l'adénome simple vers le cancer colique à travers de multiples étapes impliquant un délai assez long entre les différentes étapes, le cancer colo-rectal constitue un modèle idéal pour mettre en place un dépistage systématique.

Evolution des polypes coliques

Le schéma ci-dessus explicite les différentes étapes moléculaires aboutissant progressivement à la cancérogenèse colique.

Le problème constitué par le dépistage du cancer colique consiste dans l'utilisation d'une méthode facile, reproductible, acceptée par les sujets bien portants, ne comportant pas trop de faux positifs ou de faux négatifs.

En pratique, deux méthodes se détachent :

Certaines études très particulières, dans des populations sélectionnées ou à l'étranger, ont montré une diminution de la mortalité par cancer colo-rectal grâce à la pratique systématique de l'Hémocult II. Ces résultats ont été retrouvés en Bourgogne, grâce à une mobilisation particulièrement importante de tous les acteurs de soins (et notamment les médecins généralistes), mais de façon plus douteuse dans le Calvados qui touchait une population plus globale et moins sélectionnée.

La recherche de sang dans les selles (sur un rythme proposé d'un test tous les deux ans) se heurte au fait que les adénomes saignent relativement peu : de ce fait, même dans les meilleures études danoises ou anglaises, on observe à peu près autant de cancers chez les sujets négatifs que chez les sujets positifs. En outre, les populations françaises trouvent la technique peu agréable et sont difficiles à motiver.

La pratique de l'endoscopie systématique, même à un rythme plus lent, (tous les cinq ans) se heurte au faible nombre de spécialistes gastro-entérologues capables de pratiquer cette coloscopie, au coût de cet examen et à la pénibilité qui ne rend pas facile une répétition régulière.

En outre, pour le cancer colo-rectal, existe un élément génétique important familial : une réflexion doit être menée sur le sujet. Pour ces différentes familles, une politique particulière de dépistage devrait être envisagée à base de colonoscopies systématiques.

Les recommandations actuelles pour le dépistage du cancer colo-rectal sont encore floues, car une méthode idéale n'existe pas. Même dans les pays où les expériences sont positives, la généralisation de l'Hemocult n'est pas recommandée en dehors des recherches.

Cependant, on peut dire qu'il n'y a pas de raison en médecine de consultation de proposer une recherche de sang dans les selles pour dépister le cancer colo-rectal étant donné le grand nombre de faux négatifs et de faux positifs. S'il existe une inquiétude particulière du patient et des raisons objectives de craindre le développement de polypes, il est plus prudent pour le médecin de proposer une colonoscopie.

La poursuite d'études de population avec une logique de recherche doit être encouragée dans notre pays. Mais, si la participation des médecins généralistes est importante pour son succès, le mélange entre une médecine de soins individuelle et une médecine de population risque d'embarrasser à la fois le malade et le médecin. L'information du public, l'invitation à participer à une prévention encore expérimentale (tout au moins pour l'individu) doivent permettre de bien définir les rôles de chacun (cf. l'article de référence de Dominique Thouvenin sur les règles juridiques d'organisation et de responsabilité du dépistage colique).

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