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Dernière modification effectuée
le 17 September 2010

En mars 1999, un document de synthèse a été réalisé par l'ANAES (Agence Nationale d'Accréditation et d'Évaluation de la Santé) pour répondre aux questions suivantes : 

1. Dans quelle(s) tranche(s) d’âge le dépistage systématique du cancer du sein apporte-t-il un bénéfice réellement scientifiquement démontré pour les femmes ?

2. À quel rythme la mammographie de dépistage doit-elle être répétée ?

3. Quel est le nombre d’incidences radiographiques à réaliser pour optimiser le dépistage ?

4. Existe-t-il des groupes particuliers de femmes à exclure du dépistage ?

Les recommandations sont reproduites telles quelles.

Le dépistage systématique est recommandé dans la tranche d'âge de 50 à 69 ans.

Dans la population générale, le bénéfice du dépistage du cancer du sein en terme de mortalité évitée est démontré dans la tranche d’âge 50-69 ans. Dans cette tranche d’âge, le dépistage systématique est donc recommandé.

Dans la tranche d’âge 70-74 ans, l’incidence du cancer du sein est élevée, mais les données concernant son dépistage de masse sont rares. Tenant compte des difficultés d’organisation à grande échelle, l’extension du dépistage à cette tranche d’âge paraît actuellement prématurée en France. Par contre, il est logique de recommander la poursuite du dépistage entre 70 et 74 ans pour les femmes précédemment incluses dans le programme de dépistage systématique entre 50 et 69 ans.

Dans la tranche d’âge 40-49 ans, le bénéfice du dépistage systématique en terme de mortalité évitée est faible et n'apparaît que dans les études ayant au minimum dix ans de suivi mammographique régulier et réalisé dans des conditions optimales. Les risques du dépistage ne sont pas nuls, en particulier le risque de faux positifs qui entraînent la réalisation d’examens complémentaires pour confirmer l’absence de cancer, sources d’inquiétudes inutiles et de traumatisme psychologique. De ce fait, la mise en œuvre du dépistage systématique dans cette tranche d’âge n’est pas actuellement recommandée. De plus, il est indispensable de faire d’abord la preuve de la faisabilité du dépistage de masse en France chez les femmes âgées de 50 à 69 ans, avant de l’étendre aux femmes plus jeunes chez lesquelles le bénéfice est actuellement incertain et controversé.

La réalisation d'une mammographie tous les deux ans est recommandée

Le délai entre deux mammographies doit être toujours inférieur à trois ans. Lorsque la mammographie est répétée tous les trois ans, les cancers d’intervalle découverts au cours de la troisième année sont nettement plus nombreux. La réalisation d’une mammographie tous les deux ans est donc recommandée.

La réalisation de deux incidences est recommandée au moins lors des deux premières vagues de dépistage

Si certains essais ou programmes ont pu montrer leur efficacité avec une seule incidence mammographique (oblique externe) dans des conditions optimales de réalisation, deux incidences mammographiques (oblique externe et cranio-caudale), au moins lors de la première vague, améliorent les performances du dépistage. 

Les conditions de réalisation actuelles du dépistage systématique en France conduisent à proposer la réalisation de deux incidences mammographiques (oblique externe et cranio-caudale) au moins lors des deux premières vagues de dépistage. Dans tous les cas, les conditions de réalisation des clichés doivent être optimales.

Groupes de femmes à exclure du programme de dépistage systématique

Le dépistage systématique du cancer du sein n’est pas recommandé chez les femmes ayant un cancer du sein connu et régulièrement suivies pour cela, ou chez celles qui ont une prédisposition familiale au cancer du sein, pour lesquelles il existe des recommandations spécifiques plus intenses. Cependant, la bonne organisation du dépistage systématique impose que toutes les femmes de la tranche d’âge retenue soient invitées au dépistage. L’exclusion éventuelle d’une femme du dépistage systématique doit être décidée en étroite collaboration avec son médecin traitant.

Dépistage dans notre région (Basse Normandie)

Deux départements sur trois sont concernés par le dépistage du cancer du sein.

Le Calvados a mis en place un dépistage organisé sur les structures radiologiques existantes (radiologues de ville et structures hospitalières) ainsi qu'une association spécifique ('Campagne Mathilde') regroupant professionnels de santé, élus, représentants des caisses de sécurité sociale et représentants des malades. L'association est subventionnée par le Conseil Général.

L'Orne a mis en place un dépistage organisé grâce à l'achat d'un camion spécifique de dépistage, appelé Mammobile qui se déplace dans les petites agglomérations du département très régulièrement. Un rôle capital est confié à une association de bénévoles pour inciter les femmes à se présenter à cet examen de dépistage gratuit. L'ensemble est subventionné par le Conseil Général.

Les résultats obtenus par ces deux campagnes sont très similaires à ceux observés partout dans notre pays. Le rôle positif des élus et des collectivités locales a été très déterminant pour le succès de ces deux opérations.

Le département de la Manche s'est maintenant engagé résolument dans le dépistage, notamment dans le cadre du plan cancer (2003).

Contrôle de qualité des campagnes de dépistage

Les campagnes de dépistage (du cancer du sein) constituent un investissement financier assez considérable (près de 50 € par personne dépistée). Elles sont souvent financées directement par l'Etat ou les départements. Une obligation de moyens et de résultats s'impose à leurs initiateurs.

Nous empruntons au Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) du ministère de la santé les principaux contrôles restrospectifs de qualité d'une campagne de dépistage.

La référence européenne pour le taux de participation est de 60% après trois ans de campagne de dépistage. En France, jusqu'à présent, les taux de participation plafonnent aux alentours de 55% dans les départements où la 'publicité' a été la mieux réalisée. Cependant, compte tenu des mammographies effectuées spontanément (mammographies de diagnostic en raison d'anomalies à l'examen clinique, examens de suivi pour pathologie bénigne), on estime qu'environ 65% des femmes des départements où existe une campagne de dépistage bénéficient d'une mammographie régulièrement.

Le taux de rappel (taux de tests suspects) est le pourcentage de femmes rappelées pour un examen complémentaire. La valeur supérieure retenue comme acceptable au niveau européen est de 7% . Un taux trop élevé reflète un nombre de faux positifs élevé, un taux bas un nombre de faux négatifs élevé. En France, la plupart des départements sont autour de ce taux.

Le taux de biopsies (proposées pour vérifier les images radiologiques) doit être inférieur à 1.5% (au-delà, la qualité de l'interprétation doit être remise en cause). En France, le taux de biopsies est d'environ 1%.

Compte tenu de l'épidémiologie en Europe, le taux de détection des cancers doit être d'environ 5 ‰ des tests effectués. En France, le taux habituel est de 5.9 ‰.

Le pourcentage de cancers invasifs sans atteinte ganglionnaire (c'est-à-dire de petits cancers a priori de bon pronostic), découverts dans ces campagnes, doit être supérieur à 60% : il est de 69% en France. Au moins 30% des cancers doivent faire moins de 1 cm de diamètre (en France : 36%).

Ainsi, en France, le dépistage du cancer du sein est une question de volonté politique. Depuis la définition du plan cancer (juillet 2003), toutes les femmes de notre pays devraient maintenant rapidement bénéficier d'un dépisage efficace. On devrait ainsi voir la mortalité par cancer du sein diminuer dans les années à venir.

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