Etude Goteborg

L'expérience de Göteborg

L'étude a été réalisée à Göteborg.

Il s'agit d'une étude portant sur une population assez restreinte, mais bien suivie : les hommes de la ville de Göteborg, âgés de 50 à 64 ans pendant la période de l'étude, et à qui est proposé un dépistage du cancer de la prostate par PSA pour la moitié des participants.

Le dépistage prodigué - Les groupes

Le schéma proposé est simple : tous les deux ans, les hommes du groupe dépisté ont reçu une invitation à se soumettre à un dosage du PSA et à un TR. Certains sujets ont accepté, d'autres non.

L'autre groupe n'a reçu aucune information particulière.

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On voit donc, facilement, avec ce schéma que les malades dépistés ont eu beaucoup moins de morts par cancer de la prostate (3.6/1.000 personnes) que les malades non dépistés (8.3 / 1000 personnes). Le rendement du dépistage est cependant faible : il faut invité 293 hommes et diagnostiquer 12 cancers pour sauver une vie. (Ces chiffres sont assez proches de ceux indiqués pour le cancer du sein).

Les groupes étant assez restreints par rapport aux grands essais européens ou américains, on a une connaissance très précise du type de tumeur qui a été mise en évidence par le dépistage.

Ainsi, on peut juger de la nécessité de traiter les malades : un tiers des malades des malades dépistés ont une forme à risque moyen, la moitié ont un risque faible.

  Contrôle Tous Répondants Refusant
  9.952 9.952 7.578 2.374
Diagnostic de cancer de la prostate 7.2%
718
11.4%
1.138
13.8%
1.046
3.9%
92
Risque bas 2% 6.1% 7.8% 0.6%
Risque moyen 2.5% 3.6% 4.5% 1%
Risque important 1.3% 1.0% 1.0% 0.8%
Maladie avancée 0.9% 0.5% 0.3% 0.9%
Non connu 0.6% 0.3% 0.2% 0.5%

Surtraitement

Autre point intéressant de cette étude, l'étude d'un éventuel surtraitement.

Le dialogue qui s'est instauré entre les personnes dépistées et les investigateurs (ce qu'on appelle maintenant l'éducation thérapeutique) a fait que les patients ont été bien informés sur l'intérêt de la surveillance active (cf. page jointe).

Dans le groupe dépistage, près de 42% des patients n'ont pas été traités d'emblée et 29% sont toujours sur simple surveillance active. Ce chiffre est très supérieur aux témoins (26% non traités immédiatement, mais seulement 21% toujours surveillés).

Un traitement hormonal (c'est-à-dire a priori palliatif) a été institué pour 26% des sujets non dépistés contre 6.5% des sujets dépistés.

50% des malades dépistés ont souhaité un traitement immédiat (essentiellement prostatectomie radicale). On voit donc le risque réel de surtraitement.

  Contrôle Tous Répondants Refusant
  718 1.138 1.046 92
Prostatectomie radicale 33.6%
241
41.1%
468
42.0%
439
31.5%
29
Radiothérapie 10.4%
75
8.2%
93
7.7%
81
13.0%
12
Hormonothérapie 22.6%
162
7.0%
80
4.5%
47
35.9%
33
Surveillance active suivie par une chirurgie ou radiothérapie 5.0%
36
12.5%
142
13.5%
141
1.0%
2
Surveillance active suivie par hormonothérapie 2.8%
20
2.0%
23
2.0%
21
2.2%
2
Toujours sous surveillance active 21.2%
152
27.6%
314
28.8%
301
14.1%
13
Non traité 4.5%
32
1.6%
18
1.5%
16
2.2%
2

Gain de survie

Au total, sur près de 20.000 hommes de 50 à 64 ans, inclus dans cette étude au cours des 14 ans de surveillance, près de 4.000 personnes sont décédées, dont seulement 122 en raison de leur cancer de la prostate.

On voit donc que si les chiffres semblent donner raison à un dépistage actif, le gain réel sur la population globale ne pourra qu'être assez limité.

 

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