Le premier grand essai de dépistage

Il s'agit de la première publication sur un grand essai de dépistage appelé PLCO (parce qu'il concerne le cancer de la Prostate, des Poumons, du Colon et de l'Ovaire).

Elle est parue dans le New England Journal of Medicine de mars 2009 sous la signature de G.L. Andriole et de nombreux collaborateurs.

De 1993 à 2001, 76.693 hommes ont été enrolés dans 10 centres de soins américains pour bénéficier soit d'un dépistage annuel du cancer (38.343 sujets) soit de soins habituels(38.350 hommes).

Le dépistage prodigué - Les groupes

Le dépistage consistait en un dosage annuel du PSA pendant 6 ans et un toucher rectal pendant 4 ans. Les sujets témoins pouvaient, parfois, bénéficier d'un dépistage si telle était la politique des centres de soins américains.

Dans le groupe dépisté, le taux de conformité a été de 85% pour le PSA (6 années de dosage) et de 86% pour le TR (4 années d'examen).

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Dans le groupe témoin, près de 10% des sujets bénéficiaient d'un dosage de PSA annuel, et 35% avaient eu un dosage de PSA dans les 3 ans précédant la période témoin. Dans ce groupe témoin, au total, le taux d'hommes ayant bénéficié d'un dosage de PSA était de 40% (chaque année) au début de l'observation et de 52% (chaque année) à la fin des 6 ans. Le taux de TR annuel a aussi augmenté de 41% à 46%.

Le résultat du dépistage

Au bout de 7 ans, 2.820 cancers de la prostate ont été découvert chez les hommes dépistés contre 2.322 chez les hommes 'non dépistés'.

Les cancers détectés, aussi bien dans le groupe dépisté que dans le groupe témoin, sont en majorité des stades II (soit des T1C) avec un score de Gleason 5-6 pour 59% d'entre eux, et un Gleason 7 pour 27%. Il n'y a pas de différence significative entre les deux groupes quant aux cancers découverts.

Il y a eu un total de 92 décès par cancer de la prostate dans le groupe dépisté et 82 dans le groupe non dépisté, avec un taux cumulé de décès par année d'observation de 340 pour le premier groupe et 338 pour le second. A noter que le cancer (tout cancer confondu) est la première cause de mortalité dans ces deux groupes (23% des décès), mais que le cancer de la prostate ne représente que 2% des décès.

Conclusions de cette étude

Il est possible que le taux déclencheur des examens complémentaires (biopsies) ait été trop élevé (4 ng/ml) alors qu'il est de 3 ng/ml dans l'étude européenne.

Très clairement, il existe un effet de 'contamination' du groupe témoin avec près de 40% de sujets témoins effectuant un dosage annuel. Ceci représente presque la moitié du groupe dépisté et peut influencer clairement les résultats.

Ensuite, près de 45% des sujets dans les deux groupes avaient eu un taux de PSA normal avant l'entrée dans l'étude. Ainsi, c'étaient déjà des sujets plutôt sains qui entraient dans l'étude.

Il est possible que la qualité du traitement du cancer de la prostate ait réduit la mortalité par ce type de cancer pendant l'étude, comme le suggère les auteurs. Mais ceci paraît tout de même surprenant.

Enfin, il est aussi possible que la durée d'observation soit trop courte pour permettre de bien séparer entre les deux groupes. Dans l'étude européenne, la séparation entre les deux groupes apparaît assez tardivement (environ 10 ans après le début de l'étude).

Au total

Cette étude montre plutôt la qualité de la prise en charge des hommes d'âge mur aux Etats-Unis, notamment de ceux qui sont conscients de leur état de santé.

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