Cancers de la prostate peu évolutifs

Cancers peu évolutifs
Le suivi attentif

De nombreuses études ont été faites pour savoir quels cancers risquaient véritablement d'évoluer vers une forme métastatique.

Compte tenu de la morbidité iatrogène des traitements proposés (chirurgie ou radiothérapie), on considère qu'il ne faut proposer un traitement que chez les sujets ayant un risque réel de décès par cancer de la prostate.

Pour les autres malades, qui vont décéder d'une autre cause que le cancer de la prostate, il ne paraît pas raisonnable de faire courir le risque des séquelles des traitements (urinaire, sexuel, voire risque vital).

Cependant, se savoir porteur d'un cancer (même s'il est, d'après les médecins, peu évolutf) n'est pas à la portée de tous les patients atteints d'un cancer de la prostate.

Le tableau suivant, emprunté à une publication récente de J.R. Stark et al (2009), montre la différence de pronostic importante enregistrée entre les patients ayant un grading élevé et un grading bas.

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Gleason Nombre de patients Nombre de décès Nombre décès homme/ an
Score 2 - 5 6 0 0
Score 6 200 0 0
Score  3 + 4 257 6 2.1
Score 4 + 3 134 9 6.3
Score 8 51 7 14.5
Score 9 45 15 39.1

De ce fait, un certain nombre d'études ont été faites sur la notion de surveillance active de cancers de la prostate pour lesquelles il n'y aurait pas de traitement à instituer. Les critères de bénignité sont les suivants :

  • Total du Gleason ≤ 6
  • Aucune zone Gleason de type 4 ou 5
  • PSA < 10 ng/ml
  • Cinétique du PSA stable
  • Pas plus de 33% des biopsies positives
  • Aucune biopsie positive sur plus de 50% de sa longueur

La surveillance attentive

Les patients sont suivis de façon très régulière : il ne s'agit pas d'une attente sans action !

Toucher rectal

Tous les 3 mois la première année,
puis tous les 6 mois

PSA

Tous les mois la première année,
Tous les 3 mois la seconde année,
Puis tous les 6 mois

Biopsie prostatique

12 mois plus tard
Puis tous les deux ans

Echographie transrectale

Variable selon les équipes

Le nombre de patients, en suivi actif, est ainsi important pour les grandes équipes américaines et européennes :

Auteurs Age moyen % patients traités Mortalité Suivi moyen
Van As et al 67 (50–79) 20 % (326) 0 22 mois
Dall’Era et al 63 (40 -86) 21 % (321) 0 24 mois
Carter et al 66 (46 - 82) 31% (320) 0 23 mois
Klotz et al - 34% (299) 0 64 mois
Patel et al 65 (44 - 79) 35% (88) 0 44 mois
Hardie et al 70 (59 - 81) 14% (80) 0 42 mois
Roemeling et al 70 (25 - 75) 29 (278) 0 40 mois
Ercole et al 68 (52 - 75) 8% (40) 0 48 mois
Soloway et al 67 1% (99) 0 45 mois

On voit donc que cette attitude d'attente est tolérée par des patients équilibrés à qui on a bien expliqué la procédure. 20% des patients sont opérés pendant les deux premières années, 30% environ au bout de 4 ans (mais quelques équipes ont des résultats plus limités).

Ainsi, le dépistage du cancer de la prostate n'aboutit pas automatiquement à des interventions ou des radiothérapies trop nombreuses.

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