L'expérience du Quebec

C'est la première étude randomisée qui a été publiée sur la valeur du dosage du PSA.

D'autres études sont en cours, mais les résultats, pour être parfaitement valables, ne seront pas connus avant 2005-2010. Elles concernent un grand nombre de sujets bien portants aux Etats-Unis.

F. Labrie et coll (Urology 47: 212­217, 1997.) ont recruté sur les listes électorales de la ville de Québec 8.029 hommes de 45 à 80 ans, à qui ils ont proposé un dosage de PSA, un Toucher Rectal et si besoin une échographie endo-rectale. 

Ils ont comparé la survie de ces individus aux données du registre du Québec pour cette région.

Ils ont trouvé 322 cancers sur 8.029 sujets lors du premier examen et lors des examens annuels suivants, ont été découverts 117 autres cancers.

Les résultats du test de PSA étaient les suivants :

 

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Première visite

Visites de suivi

 PSA (ng/ml) Sujets % Cancers % Sujets % Cancers %
> 30 48 0.6 39 81 16 0.1 4 25.0
10.1- 30 191 2.4 85 45 170 1.2 25 14.7
7.1- 10 177 2.2 50 28 309 2.1 25 8.1
5.1- 7.0 294 3.7 50 17 550 3.8 23 4.2
4.1- 5.0 255 3.2 27 11 493 3.4 19 3.9
3.1- 4.0 473 5.9 27 5.7 891 6.1 17 1.9
2.1- 3.0 860 10.7 22 2.6 1.544 10.6 3 0.2
1.1- 2.0 2.472 30.8 11 0.4 3.969 27.3 -- 0.0
0- 1.0 3.259 40.6 11 0.3 6.612 45.4 1 <0.1
Total 8.029 100.0 322 4 14.554 100.0 117 0.80

Lors du premier examen, se servant du seuil de 3 ng/ml, et complétant cet examen par le toucher rectal et l'échographie endo-rectale, ils ont retrouvé environ 90% de cancers au stade non métastatique (bien que ces cancers étaient non symptomatiques).

Pendant leur surveillance annuelle, les cas où un taux élevé de PSA était trouvé ou qui avaient augmenté de plus de 20% leur taux de PSA,  ont été explorés. Au fur et à mesure de la surveillance, ces auteurs ont observé que les stades de cancer étaient de plus en plus réduits.

Stade

Visites de suivi

Début 1 2 3 4 5
A2 - -- 1 -- -- --
B0 9 5 8 3 1 --
B1 109 22 15 13 2 2
B2 94 9 7 7 2 --
C1 26 5 2 2 1 --
C2 35 2 3 -- -- --
D0 2 -- -- -- -- --
D1 6 -- -- -- -- --
D2 18 1 -- -- -- --
Inconnu 23 2 1 1 -- --
Total 322 46 37 26 6 2

Cette étude (malgré des biais méthodologiques assez importants) semble démontrer qu'en multipliant la surveillance des hommes de plus de 50 ans, on arrive à réduire pratiquement à rien le nombre de sujets ayant un cancer de la prostate non accessible à un traitement local. Le nombre de biopsies pratiquées a été de 906 lors de la première visite (soit 64% de biopsies inutiles ) et 463 lors des visites ultérieures ( 75% de biopsies inutiles ).

On ne sait pas si on aurait pu réduire ce nombre de biopsies inutiles en ayant une attitude plus attentiste (répéter le dosage un peu plus tard) pour des valeurs peu élevées de PSA (par exemple : PSA < 5 ng/ml) ou en utilisant la technique du PSA libre.

En 2000, ces auteurs présentent leurs résultats à la Société Américaine d'Oncologie Clinique (ASCO 2000, Abstr 1326), par comparaison avec les données du registre du Québec. La durée de surveillance est importante : plus de 10 ans.

Le groupe de contrôle comprenait 15.263 hommes de même âge pour lequel aucune surveillance n'a été proposée (même si elle a eu lieu de façon 'sauvage', pour 1.080 hommes non invités).

Il y a eu 7 morts par cancer de la prostate dans le groupe 'invité' et 61 morts chez les 'non invités'.

Dans leur premier article, les auteurs étudiaient aussi le coût de ce dépistage qu'ils chiffraient à $2.635/cancer, c'est-à-dire un coût bien inférieur à celui du dépistage du cancer du col (estimé à  $10.000 / cancer détecté)  et du cancer du sein ($30.000/cancer détecté).

Il est clair que la surveillance peut être plus légère après les 2 ou 3 premières visites annuelles et encore réduire ce coût.

Il faudra attendre la publication de l'article complet avec les résultats définitifs pour pouvoir confirmer la valeur de cet essai randomisé.

Une mise à jour en 2004 (dans Prostate May 15;59(3):311-8) confirme la réduction de mortalité de 62% par cancer de la prostate chez les sujets dépistés.

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