A lire avant de se faire doser le PSA !

Ce document est emprunté au Ministère de la Santé du Canada (avec quelques retouches concernant le traitement et les conclusions).

Information qui devrait être donnée au patient pour obtenir un consentement éclairé lorsqu'il est question d'effectuer un dosage du PSA dans un contexte de dépistage ou de diagnostic

Avantages

C'est un examen simple à effectuer et non invasif.

Il permet le dépistage des cancers prostatiques à un stade précoce.

Ce dépistage ne craint pas un faible taux de faux négatifs, surtout s'il est allié à un toucher rectal normal.

Inconvénients du dosage

Le dosage du PSA ne permet pas de dépister tous les cancers, même s'il présente un faible taux de faux négatifs.

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    Le taux du PSA n'augmente pas seulement en présence d'un cancer mais aussi avec d'autres pathologies prostatiques (prostatite, rétention urinaire aigue, hypertrophie bénigne de la prostate) et les manipulations urologiques (cystoscopie, biopsie ) mais pas suite à un toucher rectal.

    Un résultat anormal du dosage de PSA, après un second dosage de vérification, indique qu’il est utile de procéder à une biopsie guidée par échographie transrectale. Il s'agit d'un examen associé à un certain niveau d’inconfort pour le patient, fait sous anesthésie locale et sans hospitalisation, et qui comporte de faibles risques de complications (prostatite, épididymite, hématurie).

    Parmi les sujets ayant un PSA anormal (ou un TR anormal), environ 80 % auront une biopsie négative. Si les deux tests sont anormaux, la probabilité de cancer se situe à près de 50 %. Un résultat négatif à la biopsie n’exclut pas complètement la présence d'un cancer

    L'évolution d'un cancer de la prostate peut varier considérablement, allant d'une évolution anodine (très lente, voire ne jamais se manifester : le sujet meurt d'une autre maladie sans aucun signe clinique en rapport avec le cancer de la prostate) à une évolution fatale, plus ou moins rapide, sans qu'on puisse toujours prédire actuellement cette évolution (bien que le grade histologique - grade de Gleason - soit très indicateur, cf. plus bas).

    Aucune donnée actuelle ne prouve que le dépistage du cancer de la prostate soit associé à une réduction de la mortalité par ce cancer. De plus, il allonge la période vécue avec la connaissance de l'existence de la maladie et l'anxiété qui peut en découler.

Qu'attendre si la biopsie est positive ?

    Un résultat positif à la biopsie amène à devoir choisir entre trois options thérapeutiques :

    la surveillance sous observation attentive,

    la prostatectomie radicale

    la radiothérapie,

    la curiethérapie,

    le traitement par haute fréquence.

    Pour les tumeurs à un stade localisé et de grade 1 (Gleason < 6), les différentes options offrent un taux de survie à dix ans sensiblement comparable.

    Pour les tumeurs à un stade localisé de grade 2 (Gleason 6 - 7) ou 3 (Gleason > 7), un traitement local semble utile (lequel ? cela dépend des habitudes des équipes et de leur expérience, et bien sûr des préférences du patient).

Chacune de ces options thérapeutiques comporte ses inconvénients :

    L'attente sous observation pourrait présenter le désavantage qu'une tumeur de stade précoce puisse évoluer vers un stade plus avancé.

    La chirurgie se complique fréquemment d'impuissance sexuelle et parfois d'incontinence urinaire (5-10% des cas).

    La radiothérapie se complique fréquemment de troubles intestinaux et d'irritation urinaire, plus rarement d'impuissance ou d'incontinence.

    La curiethérapie se complique de cystite et prostatite pendant les premiers mois et d'une impuissance sexuelle moins constante.

En pratique

Ainsi, le patient doit être bien éclairé pour savoir s'il veut prendre le risque d'un dépistage du cancer de la prostate.

Il faut bien reconnaître que cette attitude très prudente est en rapport avec l'agressivité des traitements proposés actuellement.

De telles précautions oratoires n'aident guère à rassurer un malade anxieux et s'expliquent par le contexte procédural très marqué qui accompagne la médecine outre Atlantique.

Nous empruntons un schéma de décision de dépistage au site du Ministère Canadien de la Santé. Les canadiens étant plus rigoureux que nous dans la conservation de notre langue  appellent le PSA  : Antigène Prostatique Spécifique ou APS.

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