Dépistage individuel aux USA

Le National Cancer Institute publie tous les ans les résultats de 9 registres de cancers à travers les États-Unis. 

Les résultats concernant le cancer de la prostate sont particulièrement intéressants et montrent :

      • une augmentation lente d'incidence au cours des années jusqu'en 1989,
      • une incidence plus grande des cancers de la prostate chez les Noirs américains que dans la population blanche,
      • une augmentation brutale de l'incidence suite à l'autorisation de mise sur le marché du test PSA en 1986,
      • cette augmentation touche toutes les tranches d'âge et de façon similaire les sujets de races différentes,
      • l'incidence se stabilise et diminue au bout de 4 à 5 ans, tendant à prouver que l'on a fait le maximum de diagnostics précoces.

Sur le diagramme suivant, sont représentées les variations d'incidence en général pour toute la population .

 

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Incidence des cancers de la prostate aux USA

Sur le diagramme suivant, les résultats ne concernent que les populations plus âgées de race blanche : remarquez le changement d'échelles. Dans le plus petit cadre, on note que le dosage du PSA a pratiquement triplé l'incidence des cancers de la prostate avant 65 ans.

Incidence des cancers de la prostate chez les américains blancs

On remarquera qu'il existe un rajeunissement de l'âge au diagnostic d'environ 2 années, mais avec une courbe beaucoup plus raide chez les hommes de 55 à 70 ans.

Variation de l'âge au diagnostic dans le temps aux USA

L'étude de la mortalité ne montre pas encore de chiffres très significatifs. Cela n'est pas étonnant quand on sait que la survie moyenne des cancers localisés de la prostate est supérieure à 5 ans dans la plupart des cas. Cependant, les chiffres de mortalité baissent légèrement d'environ 15% pour les sujets de moins de 65 ans et de 65 à 74 ans ; cette mortalité ne change pas beaucoup pour les sujets plus âgés. Il en résulte un âge moyen de décès plus élevé.

Évolution de la mortalité par cancer de la prostate aux USA

L'étude des grades histologiques montre que l'accroissement de l'incidence ne s'est pas fait au dépens de formes bien différenciées (a priori les cancers bénins, dont l'évolution future est incertaine) qui sont plutôt moins nombreuses qu'avant.

Le dépistage dévoile surtout des formes moyennement différenciées (qui évoluent localement et sous forme métastatique). Le nombre de cancers indifférenciés (ceux qui évoluent très vite et sont difficiles à traiter) est quasi constant. 

La meilleure connaissance de la pathologie prostatique aboutit à une nette diminution des cas sans grade histologique (ici, il s'agit d'une classification assez simple n'utilisant pas le Gleason).

Variation des grades histologiques avec le temps (en %)

Au cours de cette même période, le traitement des malades est devenu plus agressif concernant les formes localisées. Les malades jeunes bénéficient le plus souvent d'une prostatectomie radicale. Les malades entre 65 et 74 ans reçoivent plus souvent une radiothérapie à visée curative. Les malades plus âgés sont traités plus fréquemment par hormonothérapie ou simple surveillance.

Le résultat sur la survie doit être interprété avec beaucoup de précautions : en effet, le dosage du PSA introduit un biais de recrutement plus précoce des cancers : plus on trouve de petits cancers,meilleurs sont les résultats. Il existe aussi peut-être (mais cela n'est pas démontré) un biais de recrutement de cancers moins agressifs.

Cependant, on peut considérer qu'il y a globalement une amélioration nette de la survie à 5 ans qui passe de 45% pour les cancers diagnostiqués en 1973 à 67% pour ceux de 1990, soit un accroissement annuel de 1.3%. On peut noter que cette amélioration de la survie à 5 ans intéresse toutes les races, tous les âges au moment du diagnostic, tous les grades histologiques, mais uniquement les formes localisées (à l'exception des formes métastatiques). Ceci est assez conforme avec l'hypothèse d'un effet bénéfique d'un diagnostic précoce par dosage du PSA.

Amélioration de la survie spécifique aux USA

La survie à 10 ans s'accroît moins rapidement de 0.9% par an , passant de 22% pour les cancers diagnostiqués en 1973 à 32% pour ceux 1985. On remarquera, cependant, que l'on ne peut voir l'effet à 10 ans du dépistage (plus ou moins sauvage) par dosage de PSA qui n'est intervenu qu'après fin 1986. L'amélioration observée à 10 ans est plutôt due à de meilleures techniques de traitement. 

C'est cette survie à 10 ans mais surtout la diminution globale de la mortalité par cancer de la prostate qui permettront de juger l'efficacité du dosage du PSA, .

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