Nous reproduisons ici le schéma des réponses préconisées par les CRISAP pour la cytologie du col utérin.

Frottis normal

Ce sont des frottis qui présentent une population cellulaire épithéliale abondante de morphologie normale, correspondant à des cellules malpighiennes (exocol), glandulaires (endocol) ou métaplasiques.

Il existe toujours une flore physiologique sans réaction inflammatoire pathologique.

Frottis sans valeur ou non interprétable

Ce sont des frottis dont une lecture fiable est rendue impossible pour les raisons suivantes :

- prélèvement trop pauvre en cellules,

 - coulées inflammatoires ou hémorragiques denses masquant les éléments épithéliaux,

- altération cellulaire par un défaut de fixation.

 Ces frottis sans valeur et non interprétables doivent être distingués des frottis peu représentatifs de la zone de jonction, du fait de l'absence de cellules cylindriques et/ou métaplasiques.

Frottis d'interprétation difficile

Le cytologiste doit dire clairement dans son compte rendu si le prélèvement permet une interprétation de bonne qualité nécessaire à un dépistage bénéficiant  de la meilleure sensibilité et spécificité. 

Sinon, (dans des termes choisis pour ne pas mécontenter le clinicien ou le mettre dans une situation difficile vis à vis de la patiente), il doit suggérer un nouveau prélèvement en apportant, éventuellement, des conseils personnalisés.

Une interprétation difficile ou impossible peut résulter :

  • d'un mauvais étalement, (prélèvement souvent trop important ou épais),
  • d'une mauvaise fixation (trop tardive),
  • d'un frottis acellulaire ou pauci-cellulaire,
  • d'une réaction inflammatoire importante entraînant de trop nombreux artefacts cellulaires pour permettre un diagnostic précis,
  • d'une nécrose cellulaire ou d'une cytolyse trop importante (par exemple, après infection ou après radiothérapie),
  • d'un prélèvement trop hémorragique (frottis trop 'appuyé'),
  • d'importantes altérations carentielles de la ménopause.

Le prélèvement sera refait parfois après :

  • désinfection gynécologique si le frottis était trop inflammatoire ou infecté,
  • ou après un traitement oestrogénique local (ovules le soir pendant quelques jours), en cas de  ménopause physiologique, post-chirurgicale (tranche vaginale) ou post-thérapeutique (chimiothérapie, radiothérapie).

Les altérations infectieuses, inflammatoires ou carentielles ayant ainsi bien régressé, le cytologiste pourra apporter une meilleure réponse diagnostique.

Frottis inflammatoire (sans condylome)

Ces frottis se caractérisent en général par la présence de nombreux leucocytes associés ou non à une cytolyse. Ils sont les témoins de cervicites dont les causes peuvent être : parasitaires (Trichomonas), mycosiques (Candida), bactériennes (Chlamydia, autres), virales (Herpès).

Ces frottis s'accompagnent le plus souvent d'anomalies cellulaires qui sont plus ou moins spécifiques de l'agent infectieux en cause (exemple : inclusions intra-nucléaires dans les infections herpétiques). Parfois aucun signe direct ou indirect d'infection n'est retrouvé, on parle alors d'inflammation non spécifique.

Frottis avec signes de condylomatose

Le diagnostic de cette infection virale est aisé devant un tableau cytologique complet comportant le trépied classique :

 - koïlocytose (cellules à 'trou') : cellules malpighiennes creusées d'une cavité limitée par une collerette cytoplasmique densifiée, et contenant un noyau dystrophique souvent rétracté ou compacté.

- bi et multinucléation : cellules malpighiennes comportant plusieurs noyaux légèrement augmentés de volume à chromatine homogène, et à membrane nucléaire lisse.

- dyskératose et/ou parakératose : la dyskératose se présente comme des cellules isolées, de petite taille, à cytoplasme condensé et orangé, à noyau tantot clair, tantot noir d'encre, tantot pycnotique. La parakératose se présente sous forme de cellules malpighiennes, isolées ou en amas, à cytoplasme abondant polygonal orangé, à noyau dense ou laqué de petite taille.

 Le diagnostic cytologique sera affirmé sur la présence de la koïlocytose et sera évoqué sur la découverte de l'un des deux derniers signes.

Frottis avec dysplasie ou néoplasie cervicale intra-épithéliale

Ces frottis se caractérisent par le degré de dédifférenciation et de maturation des cellules atteintes et par l'intensité de la dyscaryose :

 - la dysplasie légère ou CIN 1 : intéresse un petit nombre de cellules à cytoplasme abondant et polygonal. Les noyaux sont légèrement augmentés de volume, à chromatine microgranuleuse répartie régulièrement, la membrane nucléaire est lisse ou plissée

 - la dysplasie modérée ou CIN 2 : les anomalies qualitativement et quantitativement plus marquées, intéressent des cellules à cytoplasme moins abondant comme celui des cellules intermédiaires ou parabasales. Le rapport noyau/cytoplasme est plus élevé (1/3 à 1/2), la chromatine granuleuse est plus ou moins bien répartie, la membrane nucléaire est souvent épaissie et de contours irréguliers.

 - la dysplasie sévère et le carcinome in situ ou CIN 3 : les altérations cellulaires affectent de nombreuses cellules de petite taille, à cytoplasme réduit. Le rapport noyau/cytoplasme est inversé (> 1/2), la chromatine granuleuse est mal répartie, souvent en mottes, la membrane nucléaire souvent incisée. Dans les formes plus différenciées et souvent kératinisantes, s'associent des cellules dysplasiques à cytoplasme plus abondant et une dyskératose à cellules fibres.

 Des aspects condylomateux peuvent être associés à ces lésions et doivent être mentionnés.

Frottis en faveur d'un carcinome invasif

De nombreuses cellules carcinomateuses au polymorphisme marqué s'associent à plusieurs éléments évocateurs d'un cancer infiltrant :

- le mode de desquamation cellulaire hétérogène, isolé et en amas

- les phénomènes nécrotiques,

- l'abondance de la substance de fond leucocytaire et hématique.

 Ce diagnostic ne devrait plus s'observer dans le cadre d'un dépistage bien conduit.