Le dépistage du cancer du col utérin est une action de prévention secondaire qui ne peut réussir que si elle est organisée, fondée sur un protocole précis prévoyant en particulier une information des femmes, des contrôles de qualité, une évaluation permanente et une prise en charge appropriée des frottis anormaux. Les recommandations pour le dépistage ne sont valides que si ces préalables sont réalisés.

Une conférence de consensus s'est réunie à Lille en septembre 1990 ; l'essentiel des recommandations du jury de cette conférence reste d'actualité en novembre 1994 et aussi en 2004.

Le dépistage systématique du cancer du col utérin s'adresse à l'ensemble des femmes ayant ou ayant eu une activité sexuelle, n'ayant aucun antécédent de frottis cervical anormal. Il a pour but de reconnaître celles qui sont probablement atteintes d'un cancer ou d'une lésion précancéreuse.

Toutes les femmes ayant, ou ayant eu, une activité sexuelle doivent avoir un dépistage systématique du cancer du col utérin.

Le consensus de Lille a proposé de commencer le dépistage à 25 ans et de l'arrêter à 65 ans chez les femmes régulièrement surveillées jusque là. En raison de l'évolution de l'épidémiologie des lésions cervicales précancéreuses chez les femmes jeunes, le groupe de travail de l'ANDEM recommande de laisser la possibilité de commencer ce dépistage à partir de 20 ans.

Dans le cadre du dépistage systématique, un frottis tous les 3 ans correspond au rythme optimal de dépistage. En début de dépistage, les deux premiers frottis doivent être réalisés à un an d'intervalle quel que soit l'âge où le dépistage commence. 

Le tableau suivant explique comment les recommandations de l'ANDEM ont abouti à la proposition d'un espacement de 3 ans entre les frottis. Dans une campagne de dépistage systématique, il convient de ne pas augmenter les coûts de façon inconsidérée. On observe qu'en passant de 1 à 3 ans, on ne diminue pas de façon significative le nombre d'anomalies découvertes par le frottis (dysplasies, in situ, cancer), mais on réduit le coût de la campagne par un facteur de 3 !

Périodicité
Pourcentage d'anomalies découvertes
Nombre de frottis
de 35 à 65 ans
1 an
93.30%
30
2 ans
92.50%
15
3 ans
91.40%
10
5 ans
83.90%
6
10 ans
64.20%
3

Les frottis considérés comme de qualité insuffisante doivent être répétés jusqu'à l'obtention d'un prélèvement interprétable. Il n'est pas recommandé de moduler le rythme du dépistage selon l'existence de facteurs de risques.

Les femmes ayant une symptomatologie gynécologique et celles dont le frottis est anormal nécessitent une prise en charge spécifique. Chez elles, le calendrier des frottis systématiques proposés dans le cadre du dépistage ne s'applique plus.

Compteur français