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Dernière modification effectuée
le 17 September 2010

Deux types de vaccins HPV sont en cours de développement :

les vaccins prophylactiques pour prévenir l’infection à HPV,

les vaccins thérapeutiques pour la guérison des lésions précancéreuses et du cancer du col.

Seuls les premiers ont abouti à une mise sur le marché.

Principes

Les vaccins à HPV prophylactiques font appel aux VLP (virus-like particles). Ces particules correspondent à une capside virale entière, mais dépourvue d’ADN. La capside est composée de l’assemblage de la protéine majeure L1 de l’enveloppe virale des principales souches HPV à risque. En microscopie électronique, ces capsides virales ne peuvent être distinguéesse distinguer des virus eux-mêmes.

Ces capsides ont un pouvoir antigénique majeur permettant une vaccination. Elles ne sont pas infectieuses et bien sûr n'ont aucun pouvoir oncogènes. Elles induisent des taux élevés d’anticorps neutralisants spécifiques. Ces anticorps assurent une protection en raison de leur transudation dans le mucus cervical, dans lequel on les retrouve en quantités importantes. En cas d’exposition vaginale à un virus HPV, les anticorps se fixent sur les déterminants de la capside virale et empêchent le développement de l’infection.

Chez l'animal, la vaccination avec des VLP à tropisme muqueux induit une protection spécifique antivirale spécifique du type d'HPV, mais aucune régression des lésions constituées. Il est donc logique d'attendre un résultat identique chez la femme.

Les essais de vaccination

Deux vaccins existent actuellement :

un vaccin bivalent (contre les HPV 16 et HPV 18) : le Cervarix® (laboratoire GSK) : utilisé à la dose de 40µg , à raison de trois injections à 6 mois d'intervalle,

un vaccin quadrivalent (contre les HPV 16, 18 6 et 11) : le Gardasil® (laboratoire Merck), utilisant un processus de vaccination assez proche.

L'étude statistique utilisant les modèles de Markov montrent que l'efficacité vaccinale ne croîtrait pas de façon significative si on augmentait encore le nombre de types viraux utilisés ; par contre, leur coût de production serait particulièrement augmenté.

Pour l'instant, les résultats sont très impressionnants : on observe une réduction du nombre d'infections aigües virales gynécologiques par HPV de l'ordre de 92%, mais de pratiquement 100% vis à vis des infections persistantes. De cette façon, aucune lésion pré-cancéreuse n'a été observée dans les populations vaccinées. (Etudes de Koutsky et al, Harper et coll, L.Villa et coll)

Impact potentiel d'une telle vaccination

Les vaccins anti HPV 16 et 18 protégeraient de 70 % des cas de cancer du col.

Cependant, dans les pays en développement, compte tenu de l’histoire naturelle de l’infection à HPV, l’effet mesurable sur le cancer du col ne serait perceptible qu'une vingtaine d’années après la mise en place d’un programme vaccinal, ce qui implique une motivation très forte des gouvernants.

Dans les pays développés l’impact sur les paramètres du dépistage sera observé rapidement, en raison du nombre de frottis pratiqués ; on observera rapidement une réduction de l’incidence de l’infection à HPV 16 et 18 de 90 %. Quelques années plus tard, ce serait le tour des anomalies cytologiques de diminuer d’environ 50 %, et encore cinq à dix ans plus tard celui des CIN 3 de disparaître dans 70 % des cas.

Parce que la majorité des cancers du col est associée à HPV 16 et 18, la réduction du nombre de décès par ce cancer pourrait dépasser 95 %.

La population à vacciner doit être jeune : avant tout rapport sexuel ou au tout début de la vie sexuelle, en raison de la transmission rapide de ces virus. Certains chercheurs ont même proposé de vacciner aussi les adolescents.

De toute façon, comme on ne connait pas encore la durée du plateau des anticorps anti-HPV induits par la vaccination (et de ce fait, la nécessité ou non de vaccination de rappel), il conviendra de continuer à surveiller les personnes vaccinées.

Quelle que soit la vertu de cette vaccination, le dépistage systématique triennal, tel qu'il est recommandé pour prévenir le risque de développement de cancer du col, resterait une mesure indispensable pour prévenir des mutilations inutiles.

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