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Dernière modification effectuée
le 17 September 2010
Cancers professionnels

Les facteurs professionnels sont responsables d’environ 3% des morts par cancer d'après les données du Ministère du Travail. 

Aux États Unis, le National Cancer Institute craint un chiffre plus élevé dans les années futures, notamment en raison de l'amiante, l'arsenic, le nickel, le chrome, le benzène, certains dérivés du pétrole. Il est probable que ces chiffres sont sous-évalués dans la mesure où l'exposition professionnelle se conjugue avec les autres facteurs déclenchants (comme le tabac ou l'alcool).

Produits responsables

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe les produits chimiques et les procédés de fabrication en 5 catégories internationalement reconnues :

Groupe 1 - L'agent est cancérogène pour l'homme

La cancérogénicité de ces produits est établie par des indices suffisants : l'arsenic et ses composés, les aflatoxines, le benzène, la production d'aluminium, celle de coke, l'industrie du caoutchouc…

Groupe 2 - L'agent est probablement cancérogène pour l'homme

On dispose d'indices limités d'une action cancérogène sur l'homme et d'indices suffisants de cancérogénicité chez l'animal. À titre exceptionnel on peut classer dans ce groupe des agents pour lesquels on a l'un ou l'autre.

Par exemple l'acrylonitrile, l'aldéhyde formique, le béryllium et ses composés.

Groupe 3 - L'agent pourrait être cancérogène pour l'homme

On dispose d'indices limités d'une cancérogénicité pour l'homme mais pas d'indices suffisants de cancérogénicité chez l'animal ou contraire des indices inadéquats d'action cancérogène pour l'homme et des indices suffisants de cancérogénicité pour l'animal . 

Exemples : toluènes chlorés, l'acrylamide, le bromate de potassium, ainsi que les procédés de traitement des bois utilisés en charpenterie et en menuiserie.

Groupe 4 - L'agent ne peut être classé du point de vue de sa cancérogénicité pour l'homme

Sont classés dans cette catégorie les agents qui ne peuvent être classés ailleurs

Groupe 5 - L'agent est probablement non cancérogène pour l'homme

Ce sont les agents pour lesquels on dispose d'indices dans le sens d'une absence de cancérogénicité pour l'homme ainsi que d'indices dans le sens d'une absence de cancérogénicité pour l'animal .

Caractéristiques des cancers professionnels

Il n'y a pas de caractères médicaux spécifiques aux cancers professionnels, et on retrouve des caractères habituels :

  • très grande latence entre l'exposition au risque et l'apparition du cancer ,
  • histologie le plus souvent non spécifique au cancer professionnel,
  • souvent présence simultanée d'autres cancérigènes : principalement tabac et alcool.
Mais il y a des caractères épidémiologiques spécifiques aux cancers professionnels :
  • le diagnostic clinique est souvent porté après la période d'activité et le diagnostic étiologique n'est pas fait,
  • il peut y avoir eu plusieurs expositions à des cancérogènes, simultanées ou successives. Les procédés de fabrication évoluent et il est difficile 10, 20, 30 ans après les faits de reconstituer l'historique de ces expositions. A cela concourent aujourd'hui, une grande mobilité géographique de la main-d'œuvre, la précarité de l'emploi.
  • certaines populations exposées sont très réduites en nombre,
  • nous avons peu de registres du cancer notamment en milieu industriel,
  • il faut tenir compte de facteurs extérieurs tels le tabac, l'alcool, l'alimentation etc…

Le diagnostic de cancer professionnel est souvent difficile : les sujets n'exercent plus au moment de l'apparition de leur cancer, ils ont travaillé dans des postes différents (mobilité géographique), les cas sont peu nombreux par rapport aux autres cancers.

Principaux cancers professionnels reconnus

Métier Agent cancérigène Tumeur
Colorants, caoutchouc Amines aromatiques Vessie
Industrie chimique Benzène Leucémies, Syndromes myéloprolifératifs
Industrie de l'asbeste Asbestose Mésothéliome
Industrie du Cadmium Cadmium Prostate
Industrie chimique Chrome Bronches, Poumons
Industrie chimique Produits nitrosés Glioblastome
Mines Oxyde de fer Bronches, Poumons
Divers métiers Nickel Sinus de la face, Bronches
Divers métiers Arsenic Peau, Angiosarcome du foie, Poumons
Industrie du plastique Chlorure de vinyle Angiosarcome du foie
Sujets soumis aux radiations Irradiation Poumons, Leucémies, Sarcomes osseux
Charbon, Asphalte, Pétrole Hydrocarbones polycycliques Peau, Poumons, Vessie
Fermiers, Marins Ultra-Violets Peau, Lèvres
Travail du bois, cuir Tannins ? Sinus nasal, Ethmoïde

Le mésothéliome

A titre d'exemple, pour montrer la difficulté de reconnaître la nature professionnelle de certaines tumeurs, nous prendrons le cas du mésothéliome, tumeur assez fréquemment rencontrée dans notre région.

Le mésothéliome constitue une pathologie fréquente dont la reconnaissance professionnelle a été assez longue. L'utilisation importante de l'amiante, non seulement dans le bâtiment, mais aussi dans de nombreuses industries, permet de comprendre le rôle majeur du médecin du travail, de la déclaration d'exposition ainsi que le rôle de dépistage du médecin traitant, notamment après la retraite.

Rôle du médecin du travail

Le médecin du travail joue un rôle considérable dans la prévention et le dépistage des cancers professionnels.

Utilisant le registre des différents produits utilisés par une entreprise, il doit faire prendre les mesures préventives indispensables.

Il a également un rôle d'information des employés manipulant des produits potentiellement cancérogènes. Les visites médicales annuelles (ou plus fréquentes si besoin) doivent s'accompagner des examens complémentaires indispensables.

Le médecin du travail rédige la déclaration préliminaire.

Rôle du médecin généraliste après la période de travail

La connaissance de la pathologie professionnelle doit aboutir à des mesures concrètes de prévention et de dépistage des affections néoplasiques, notamment après la retraite (le temps de latence des affections néoplasiques étant souvent d'environ 20 ans).

A voir sur le sujet : le site très intéressant de l' Institut de Médecine du Travail de l'Université de Rennes ou encore l'étude européenne CAREX publiée sous l'égide du CIRC .

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