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Dernière modification effectuée
le 22 February 2019
Le rôle du tabac

L'étude de l'incidence des cancers permet de définir les principales causes de certains cancers, d'autant que la biologie permet de confirmer cette étiologie (cf. page sur les modifications génétiques induites par le tabac)

Le rôle du tabac dans le déterminisme de ces cancers est démontré :

  • par les études épidémiologiques,
  • par l'étude de la composition de la fumée,
  • par la mise en évidence de lésions des gènes des cellules tumorales ou non chez les fumeurs,
  • par les connaissances que nous commençons à obtenir sur le métabolisme des amines tabagiques.

Les données épidémiologiques

Le tabac est la cause de cancer la plus importante à l’heure actuelle.  Le risque relatif induit par le tabagisme est résumé dans cet article récent de L. Jacob et al.

Dans ces tableaux, on remarquera la valeur statistique significative très importante pour les cancers du poumon, les cancers ORL, les cancers du foie, les cancers de la vessie, le cancer du pancréas, et les lymphomes.

Le risque relatif est très important pour le poumon (10 fois plus de risque chez le fumeur que chez le non fumeur), le larynx (risque multiplié par 5), le foie (risque multiplié par 3).

Autres pages sur le rôle du tabac

Chez l'homme
Type de cancer % de cancers chez fumeurs % cancers chez non fumeurs Risque relatif Valeur statistique
Poumons 2,96% 0,22% 9,92 <0.001
Larynx 0,27% 0,03% 5,17 <0.001
Foie 0,40% 0,13% 2,83 <0.001
Vessie 1,26% 0,59% 2,32 <0.001
Oro-Pharynx 0,61% 0,26% 2,12 <0.001
Oesophage 0,74% 0,32% 1,97 <0.001
Pancréas 0,46% 0,22% 1,83 <0.001
Estomac 0,21% 0,18% 1,40 <0.04
Rein 0,43% 0,30% 1,26 <0.05
Lymphomes

2,53%

2,09% 1,24 <0.001
         
TOUS CANCERS

20,00%

19,0% 1,07 <0.001
Chez la femme
Type de cancer % de cancers chez fumeuses % cancers chez non fumeuses Risque relatif Valeur statistique
Poumons 10,03% 0,22% 8,91 <0.001
Larynx 0,27% 0,03% 5,17 <0.001
Foie 0,40% 0,13% 2,83 <0.001
Vessie 1,26% 0,59% 2,32 <0.001
Oro-Pharynx 0,61% 0,26% 2,12 <0.001
Oesophage 0,74% 0,32% 1,97 <0.001
Pancréas 0,46% 0,22% 1,83 <0.001
Estomac 0,21% 0,18% 1,40 <0.04
Rein 0,43% 0,30% 1,26 <0.05
Lymphomes

2,53%

2,09% 1,24 <0.001
         
TOUS CANCERS

20,00%

19,0% 1,07 <0.001
D'après l'étude de L. Jacob et al, qui est une méta-analyse de nombreuses études cas-témoins

Le risque relatif de cancer du sein induit par le tabac fait encore l'objet d'études. (cf. feuille consacrée au sujet).

Rôle de l'intensité du tabagisme et de sa durée

L'intensité et la durée du tabagisme sont les facteurs déterminants du risque de cancer du poumon. On évalue leur intrication avec l'utilisation du concept de paquet-année (cf. feuille décrivant cet index).

D'après B. Pesch et al : on remarque que l'odds ratio (ici proche du risque relatif) du cancer du poumon (en comparaison avec des témoins n'ayant jamais fumé) s'accroît beaucoup plus rapidement avec l'intensité du tabagisme qu'avec sa durée.

Les risques encourus avec les autres modes de tabagisme (pipe, cigare, pipe à eau) sont peu différents des risques encourus avec la cigarette. (cf. feuille spécifique)

Les études de Doll et Peto

De nombreuses études ont été réalisées par Richard DOLL et Richard PETO sur la consommation tabagique des médecins anglais. Ces études ont commencé dès 1951, collectant les données de tabagisme des confrères britanniques et les suivants pendant des années. Dès la première étude, ces auteurs retrouvaient l'effet cancérogène du tabac et le rôle de l'intensité du tabac. Différentes actualisations ont eu lieu avec un nombre toujours impressionnant de données : Une actualisation de leurs résultats a été faite en 2004 dans le British Medical Journal, qui a été reprise dans une page sur la prévention.

Les conclusions de ces auteurs sont particulièrement intéressantes et effrayantes :

Environ la moitié des fumeurs qui continuent à fumer vont mourir de leur intoxication tabagique,

Environ le quart des fumeurs qui continuent à fumer vont mourir avant 70 ans.

Le plein effet du tabagisme sur la mortalité nécessite jusqu'à 50 ans d'observation pour être pleinement compris.

Les hommes nés dans les premières décades du 20ème siècle (les britanniques, mais probablement les français aussi) constituent la première population où l'effet toxique du tabac a pu s'exprimer de façon prolongée.

Seuls les non-fumeurs ont bénéficié des progrès de la médecine avec une augmentation rapide de la durée de vie : les fumeurs meurent en moyenne 10 ans avant les non-fumeurs.

Arrêter de fumer entre 30 et 40 ans réduit cette surmortalité pratiquement totalement.

Bibliographie

Impact of tobacco smoking on the risk of developing 25 different cancers in the UK: a retrospective study of 422,010 patients followed for up to 30 years
L. Jacob et al,
Oncotarget, 2018 ; 9 : 17420-17429

Cigarette smoking and lung cancer - relative risk estimates for the major histological types from a pooled analysis of case-control studies
B. Pesch et al,
Int J Cancer, 2012 ; 131 : 1210 - 1219

Smoking and carcinoma of the lung
R. Doll et A.B. Hill,
. 1950 ; 2(4682) : 739–748

Mortality in relation to smoking : 20years' observations on male British doctors
R. Doll et R. Peto,
Br Med J. 1976 ; 2(6051) :1525-36

Mortality from cancer in relation to smoking: 50 years observations on British doctors.
Doll R et al.
Br J Cancer 2005 ; 92 : 426-9.

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