Helicobacter pylori et risque de cancer de l’estomac


Helicobacter pylori

Il s’agit d’une bactérie spiralée qui se situe préférentiellement au niveau du pylore (d’où son nom). Grâce à la sécrétion d’une uréase, il peut survivre en milieu acide, de s’y multiplier et d’entraîner ainsi une inflammation de la paroi gastrique qui peut durer toute la vie du patient.

L’infection a lieu dans l’enfance et semble mieux se transmettre, à l’intérieur de la famille, dans des milieux aux mauvaises conditions de vie et d’hygiène. Elle persiste toute la vie sauf si un traitement spécifique est donné.

Dans les pays en voie de développement, l’infection se développe très rapidement (près de 80% des jeunes de moins de 20 ans sont infectés), alors qu’en France, moins de 10% des jeunes sont infectés et de 20 à 50% des adultes. Après 60 ans, une personne sur deux est infectée. La diminution de la prévalence de l’infection semble aussi en rapport avec l’utilisation importante des antibiotiques dans les populations aisées. Les émigrés, venant de zones à risque, ont un taux accru par rapport aux taux du pays d’accueil.

Helicobacter pylori et ulcère de l’estomac

Un peu moins de 20% des sujets infectés vont faire un ulcère gastro-duodénal : on retrouve un hélicobacter dans 90% des ulcères duodénaux et 7O% des ulcères gastriques. L’éradication de cette bactérie (par l’utilisation d’antibiotiques) fait partie des mesures de prévention de récidive de l’ulcère.

Hélicobacter pylori et cancer de l’estomac

Environ 4% des patients atteints d’un ulcère gastrique feront un cancer de l’estomac.

L’éradication de la bactérie permettrait de réduire presque totalement le risque de cancer de l’estomac (ce que montrent des études japonaises en cours Kato et coll.), notamment si l’éradication est faite dès le jeune âge ou avant l’apparition de lésions précancéreuses.

Recherche de l’infection à hélicobacter

La recommandation actuelle est de proposer un dépistage systématique et une éradication chez les sujets apparentés de premier degré avec un malade ayant eu un cancer de l’estomac, en cas de demande du patient, chez les malades dyspepsiques ou traités au long cours par des médicaments anti-sécrétoires, comme par exemple les malades sous anti-inflammatoires, en cas d’anémie ferriprive inexpliquée, en cas de purpura idiopathique inexpliqué.

La recherche peut s’effectuer directement lors d’une fibroscopie gastrique.

Des tests non invasifs sont proposés : sérologie, détection d’antigènes dans les selles, test respiratoire à l’urée marquée au C13 (permettant de rechercher l’uréase de l’hélicobacter).

Traitement

Il s’agit d’une thérapie à trois produits : un anti-sécrétoire (IPP) et deux antibiotiques (amoxicilline et clarithromycine) pendant 14 jours ou un traitement remplaçant la clarithromycine par le métronidazole. Un contrôle de l’éradication est nécessaire (test respiratoire).

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