Infection parasitaire et cancer


La schistosomiase est la seconde infection parasitaire mondiale après la malaria. Environ 200 millions d'individus sont contaminés et 600 millions potentiellement exposés en Afrique, Asie et Amérique du Sud.

La schistosomiase est due à une trematode ayant un cycle parasitaire à travers un hôte définitif (homme) et un hôte intermédiaire invertébré (escargots d'eau). Les larves sont relarguées à partir des escargots sous forme de schistosomules et migrent à travers le courant sanguin de l'hôte mammifère où elles se développent et soit se développent dans les tissus provoquant une inflammation locale soit sont éliminées par les urines ou les matières fécales.

Cancer de la vessie et schistosomiase

De nombreuses études écologiques, épidémiologiques ont montré un risque important de cancer de la vessie chez les patients atteints de schistosomiase urinaire due au schistosomia haematobium. Il s'agit d'un cancer de la vessie différent de celui habituellement en relation avec l'âge et le tabac en Europe (cancer transitionnel) : ici, il s'agit d'un cancer épithélial spino-cellulaire.

Plusieurs mécanismes ont été invoqués pour expliquer la survenue de cancer de la vessie :

fibrose induite par les oeufs de schistosomes, provoquant prolifération et métaplasie cellulaire,

infection urinaire chronique et production locale de nitrosamines,

stase urinaire concentrant les carcinogènes endogènes,

libération d'amines carcinogènes à partir des schistosomes.

Cancer du foie et du rectum

Le rôle du schistosomia japonicum dans ces deux cancers a été soupçonné en Chine et au Japon, notamment pour le cancer hépatocellulaire. Cependant, il est difficile d'individidualiser son influence tant l'infection virale par le virus de l'hépatite B ou C est prédominante dans ces contrées.

Il en est de même pour le Schistosomia mansoni.

Opisthorchose et Clonorchose et cholangiocarcinome

Le rôle de Opisthorchis viverrini dans le déclenchement de cholangiocarcinome a été démontré en Thaïlande.

Le rôle de Clonorchis sinensis dans le déclenchement de cholangiocarcinome a été démontré en Chine, en Corée et au Japon.

Le petit ver plat pénètre dans les conduits biliaires, entraînant

une hyperplasie, une irritation chronique et une inflammation,

une production accrue locale de carcinogènes (composés nitrosurés),

activation d'enzymes aboutissant à la production de N-nitrosodimethylamine et de NO.

Dans cette pathologie, l'infection agit comme agent promoteur de la tumeur et non comme agent initiateur.

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