Le polyoma virus SV40


La découverte de ce virus et son introduction en pathologie humaine sont liées au développement et à la distribution large d'une forme initiale de vaccins antipoliomyélitiques (soit inactivés - vaccin de Salk ou atténués - vaccin de Sabin) qui ont été contaminés par le virus SV40 de façon accidentelle. Le vaccin était préparé à partir de cellules rénales de singe en culture.

Le SV- 40 et le virus du polyome

Deux papovavirus ont été très étudiés expérimentalement : le virus SV-40 (pour Simian Virus) qui a pour hôte le singe rhésus macaque, et le virus du polyome, qui a pour hôte la souris.

Ils provoquent chez les rongeurs nouveau-nés ou certaines lignées de souris nouveau-nés des tumeurs variées. En outre, ce sont des outils très précieux en culture cellulaire : ils induisent, en effet, la transformation de certaines lignées fibroblastiques. Ils n'induisent aucune pathologie chez l'homme.

Description

Les papovavirus sont de petits virus à DNA circulaire double-brin, sans enveloppe, mais avec une capside d'environ 40 nm. (cf. R.A. Vilchez)

Description schématique de la structure du SV40

Le virus SV-40, constitué de 5 243 bases, contient une région promotrice, une région de transcription précoce (protéines grand T et petit T), puis une région de transcription tardive (protéines de capside VP1, VP2, VP3, et protéine agno de fonction inconnue).

Lorsque le virus pénètre la cellule, le DNA viral s'intègre dans le noyau en s'associant aux histones cellulaires, et active la machinerie cellulaire nucléaire (DNA polymérase).

Pouvoir infectant et pouvoir transformant

Lorsqu'ils contaminent une cellule susceptible, les virus papova peuvent :

soit, chez des cellules 'non-permissives', produire une infection avec reproduction complète du virus et mort cellulaire, entraînant la libération des particules virales multipliées,

soit, chez certaines cellules permissives, produire une infection avortée avec survie et transformation de la cellule

Permissivité et transformation ne sont pas strictement superposables : certains virus peuvent pénétrer des cellules normales, s'intégrer dans le noyau sans s'y multiplier.

Interaction de la protéine T du virus SV 40 avec les différents facteurs de transcription de contrôle du cycle cellulaire. La protéine p53 est désactivée et ne contrôle plus les erreurs de transcription. De même, la protéine pRb ou la protéine p107 ne jouent plus leur rôle de protéines chapeaux.

Le pouvoir transformant du SV-40 réside dans le génome transcrit précocement dès l'intégration du virus

La protéine grand T, de 90 kDa, (708 acides aminés), est phosphorylée et située dans le noyau, où elle s'associe à la protéine p53 cellulaire et la protéine p105-Rb (inhibiteurs de la division cellulaire). Elle induit l'expression des gènes des protéines nécessaires à la réplication du DNA, qu'elles soient virales ou cellulaires, et cela même dans les cellules en phase G0.

Une division cellulaire est ainsi déclenchée, et le DNA viral s'intègre de façon aléatoire dans le génome cellulaire. Dans les cellules filles, on retrouve jusqu'à vingt copies du génome viral intégrées, permettant ainsi une transformation stable. La protéine grand T peut induire à elle seule la transformation maligne.

Chez l’homme, on soupçonne le rôle du virus SV-40 pour le développement des mésothéliomes.

Accès au cours de cancérologie si vous accédez directement à cette page