Hépatite et hépatocarcinome


Le virus de l'hépatite B

Le virus de l'hépatite est composé d'un DNA circulaire, partiellement double brin, dont aucun brin n'est fermé. Le brin le plus long (L) mesure 3.300 paires de bases, le bras court (S : small) est de longueur variable, en générale entre 1.600 et 1.800 paires de bases et est dépourvu de gène codant. La transcription ressemble à celle des rétrovirus : le DNA viral migre vers le noyau où il est complété pour fabriquer un DNA circulaire double brin complet superenroulé. Une RNA polymérase II de l'hôte transcrit un mRNA qui est ensuite transféré dans le cytoplasme où il va être rétro transcrit par une transcriptase inverse en DNA viral.

Structure simplifiée du virus de l'hépatite avec les principales protéines produites.

Un antigène spécifique Hbs (antigène Australia) correspondant aux protéines d'enveloppe circule dans le sang des malades atteints (virus vides en général), permettant un diagnostic sérique aisé.

L'hépatocarcinome

L'hépatocarcinome est un cancer très fréquent dans le monde (le 5ème cancer) qui est le troisième cancer mortel. Son incidence varie beaucoup d'un continent à l'autre : de 5.8 cas pour 100.000 hommes en Europe, à plus de 35 pour 100.000 en Asie de l'Est (notamment au Japon). Une autre région très atteinte est l'Afrique sub-saharienne.

La plupart de ces différences sont en rapport avec l'infection chronique par le virus de l'hépatite (soit hépatite B soit hépatite C). En Asie, plus de 53% des hépatocarcinomes sont en rapport avec l'hépatite B.

Les autres facteurs étiologiques mis en évidence pour le cancer primitif du foie sont : l'aflatoxine B1 (issu d'un champignon, l'Aspergillus flavus, qui pousse sur les aliments mal conservés, notamment le blé, le riz et les cacahuètes, l'aflatoxine B1 est métabolisée en exo-8-9 expoxide pour se fixer sur le DNA, sur le codon 249 du gène p53), l'alcool et la cirrhose alcoolique, le tabac, le diabète et l'obésité.

Cancérogenèse induite par le virus hépatitique

L'hépatite aiguë se transforme dans près de 10% des cas en hépatite chronique. Le virus de l'hépatite B s'intègre dans le DNA de la cellule hépatique, ce que ne fait pas le virus de l'hépatite C.

Deux protéines paraissent importantes pour stimuler la multiplication anarchique :

la protéine X (ou HbX) qui stimule de nombreux oncogènes promoteurs : stimulation du récepteur des facteurs de croissance, de la voie de signalisation cytoplasmique Ras, de la protéine kinase C de même que l'inhibition de la protéine p53.

les protéines PreS1 et PreS2, qui sont des protéines transmembranaires et activent la voie de la protéine kinase C.

Action des deux protéines majeures du virus de l'hépatite sur la stimulation des oncogènes, sur deux voies de signalisation majeures du signal entre les récepteurs activés et le noyau.

Enfin, le processus inflammatoire chronique qui entraîne la mort par apoptose des cellules hépatiques et leur régénération constante, augmente le nombre de mitoses hépatiques et favorise la propagation des anomalies nucléaires.

A un stade plus avancé de la maladie, on note par ailleurs de nombreuses altérations des gènes répresseurs des tumeurs (notamment les gènes pRb, p16INK4a, APC).

Vers une vaccination

La corrélation entre l'hépatite chronique et la survenue de l'hépatocarcinome a fait mettre en place des essais de prévention par vaccination notamment en Afrique sub-saharienne. Taiwan est une des régions où la vaccination a été la plus énergiquement menée conduisant à une réduction de près de 90% des cas de cancer hépatocellulaire.

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