Papilloma virus et cancer du col de l'utérus


Epidémiologie de l’HPV

Pour la plupart des cancers, de nombreux determinants contribuent de façon indépendante à la carcinogenèse. L’histoire naturelle du cancer du col de l’utérus montre qu’il existe un agent causal majeur : le virus du papillome humain (ou HPV).

La présence de DNA d’origine virale (HPV) est retrouvée dans environ 93% des tumeurs du col de l’utérus. Pour les 7% restants, il a pu être démontré que le DNA viral était présent soit dans des autres zones tumorales soit par l’utilisation de Polymerase Chain Réaction avec d’autres amorces. Les mêmes résultats ont été observés pour les formes pré néoplasiques appelées néoplasie intra épithéliale. (Schiffman MH et al 1993, )

Cependant, la seule présence du virus HPV ne suffit pas à expliquer la cancérogenèse, puisque de nombreuses femmes sont infectées mais ne souffriront pas d’un cancer.

Deux autres facteurs sont connus :

Intégration de l’HPV dans la cellule basale

Le virus HPV infecte les cellules basales de l’épithélium cervical ; leur différenciation progressive les fait migrer vers la surface et cette différenciation est nécessaire à la reproduction intracellulaire du virus.

Le génome du HPV est une double hélice d’ADN de 8 kilo bases, qui se maintient dans les cellules comme une molécule torsadée ou épisome, sur un seul brin de l’ADN de l’hôte. Il existe plusieurs sites de transcription de gènes variés s’exprimant de façon précoce (Early) ou tardive (Late) lors de l’infection.

(référence intéressante : Dell G. et al)

 
Schéma de l'intégration du DNA de l'HPV à l'intérieur du DNA de l'hôte. Les gènes rapides et lents sont figurés selon la dénomination classique. LCR : long control region, influençant la multiplication du virus.

La protéine codée par le gène E6 se lie à la protéine p53, empêchant son activité de gardien du génome. (voir Shai A et al).

De même, la protéine codée par le gène E7 se lie à la protéine pRb (du rétinoblastome), empêchant son activité habituelle de régulateur de la division cellulaire. (voir Fiedler M et al)

La protéine codée par le gène E5 semble modifier la dégradation des récepteurs EGF après activation, entretenant ainsi la stimulation qu'ils ont engendrée.

La protéine codée par le gène E2 se fixe au niveau du segment LCR du DNA viral, augmentant considérablement sa transcription.

Enfin, la protéine codée par le gène E1 semble favoriser la multiplication virale.

Histoire naturelle du cancer du col de l'utérus

La prévalence de l'infection virale à HPV est estimée à environ 30% chez la femme avant 30 ans. Cette infection est en rapport avec les rapports sexuels.

La majorité des femmes exposées aux HPV développe une immunité pour s’en protéger. Cette clairance des HPV est observée en général dans un délai de neuf à 12 mois.

Un nombre limité de femmes gardera les papillomavirus latents ou quiescents durant des mois, voire des années. Ces femmes peuvent alors développer en cas de persistance de l’infection une lésion intraépithéliale, qui, non détectée, pourrait aboutir à un cancer des années plus tard si le dépistage n’est pas réalisé ou a échoué. En d’autres termes le développement de lésions précancéreuses du col est le témoin d’un échappement immunitaire face aux papillomavirus.

Schéma de l'histoire naturelle du cancer du col de l'utérus
d'après
J. Monsonégo

On verra plus loin les mesures de vaccination qui peuvent être envisagées.

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