L'accident de Tchernobyl


L'histoire des centrales nucléaires a été émaillée d'accidents relativement limités (si on les compare à d'autres accidents industriels comme la mine ou les travaux publics) : notamment explosion d'un réservoir de déchets nucléaires à Kyshtym en Oural (en septembre 1957), incendie sur un des réacteurs de la centrale anglaise de Sellafield (en octobre 1957), incident de la centrale de Three Miles Island aux Etats-Unis (en mars 1979).

Le 25 avril 1986, une expérience mal conduite aboutit à une surchauffe incontrôlée du réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl, puis à l'explosion de la partie supérieure du réacteur, à l'effondrement du cœur du réacteur et de son couvercle. Explosions et incendies se multiplient pendant plus de 10 jours et plus de 5 mois seront nécessaires pour arrêter le rejet de matières radioactives.

Celles-ci ont été essentiellement constituées par les éléments volatiles : Krypton, Xénon, Iode, Césium, notamment Césium 137 qui est responsable de la majeure partie des expositions actuelles ou futures. Les isotopes lourds à longue demi-vie (Plutonium ou Strontium) ne sont pas très volatiles.

Après être montés à près de 2000 m d'altitude, les gaz radioactifs ont formé trois 'nuages' : vers la Scandinavie, l'Europe Centrale et les Balkans selon la direction des vents. La Biélorussie située au nord de Tchernobyl est probablement un des pays où la radioactivité a été la plus grande.

Il faut noter que les renseignements fournis par les autorités sanitaires françaises, à l'époque, ont été assez floues : le nuage radio-actif étant censé s'arrêter à nos frontières ! Depuis des mesures plus précises ont montré le côté artificiel de ce déni d'information.

Les 3 principaux 'nuages' radioactifs de Tchernobyl et la radioactivité de l'air ambiant au moment de leur passage.
La radioactivité retrouvée au niveau des sols.

(cartes issues des travaux de l'UNSCEAR en 1998 et reproduites par le site Medisite)
UNSCEAR = United Nations Scientifc Committee on the Effects of Atomic Radiation

La contamination aérienne au niveau de Paris atteint environ 0.3 Bq/m3 (c'est-à-dire un taux 1000 fois supérieur à celui observé lors des explosions atomiques françaises au Sahara). L'importance des orages et de la pluie observés en mai permet un certain lessivage de la contamination.

Près de 600.000 personnes ont travaillé pour éteindre l'incendie et arrêter la pollution atmosphérique. 260 sont mortes de maladie du rayonnement. Près de 50% de ces personnes ont reçu en quelques mois la dose reçue habituellement pendant toute une vie (150 mSv). La désorganisation actuelle de l'ex-Union Soviétique ne permet pas une surveillance précise des personnes concernées et donc de savoir quelles sont les répercussions à plus long terme. Les habitants de Biélorussie proche de Tchernobyl ont reçu parfois jusqu'à 100 mSv.

Dans ces régions de Biélorussie, on observe un taux accru (multiplié par 10 à 100) des cancers de la thyroïde avec un nombre plus important de cancers peu différenciés (donc plus difficiles à soigner). Le taux maximal concerne les enfants ayant entre 2 et 15 ans au moment de l'accident. En France, il est difficile de définir statistiquement le rôle potentiel de l'explosion de Tchernobyl compte tenu de l'irradiation relativement faible observée.

Dans les pays proches de Tchernobyl, on a observé un nombre important de malformations à la naissance. Même si d'autres causes sont possibles (restriction alimentaire sévère), une surveillance attentive s'impose.

Enfin, la fatigue générale observée (notamment chez les personnes ayant travaillé pour réparer Tchernobyl) a conduit à de nombreux suicides.

L'impact sur l'environnement est très important dans les environs immédiats de Tchernobyl (produits peu volatiles), relativement plus faibles ailleurs. En particulier, en France, en moyenne, elle est devenue minime ; il peut exister des zones plus concentrées çà et là. La chaîne alimentaire ne paraît plus contaminée dans notre pays, même pour les champignons qui concentrent le Césium 137. Cependant, dans certains pays (les pays nordiques notamment ou la Biélorussie), la contamination de l'eau reste importante, et compte tenu de la demi-vie du Césium mettra encore près d'un siècle à disparaître complétement .

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