Les cancers coliques familiaux

Aspects cliniques du cancer du colon

Les cancers recto-coliques sont les cancers les plus fréquents tous sexes confondus. 70% des cancers recto-coliques sont situés dans le colon, 40 à 45% des malades vont mourir de ce cancer. Le polype adénomateux semble être la maladie pré cancéreuse à partir de laquelle se développe le cancer. Les polypes sont au moins 10 fois plus fréquents que les cancers.

Les polypes adénomateux naissent de l'épithélium glandulaire, les cellules se développant sans restriction et sans se différencier. Ils peuvent être sessiles ou pédiculés, composés d'abord de cellules de type tubulaire ou de type villeux.. Au niveau des cryptes, là où se renouvelle l'épithélium, on peut observer des zones de cancer colique bien différencié. Il existe en outre des polypes hyperplasiques, mais dont l'évolution vers le cancer n'est pas fréquente.

On distingue ainsi une séquence : hyperplasie des cryptes et architecture remaniée, adénomes petits, grands adénomes avec atypies cellulaires, cancer in situ (encore appelé intra épithélial), cancer invasif, puis cancer métastatique.

Génétique des cancers colo-rectaux

Plus de 10% des cancers recto-coliques sont le fait d'une prédisposition héréditaire.

On trouvera dans les pages suivantes les descriptions des deux syndromes héréditaires les plus fréquents :

La polypose familiale qui affecte environ 1 individu sur 10 000. Des centaines voire des milliers de polypes sont observés tout le long du colon vers l'âge de 30-40 ans.

Une forme non polypomateuse de cancer colo-rectal familial ou syndromes de Lynch, qui se distingue par l'absence de polypose généralisée, mais l'existence d'un adénome initiant la cancérisation est démontrée. On distingue le syndrome de Lynch I (cancers coliques isolés) et le syndrome de Lynch de type II où d'autres cancers peuvent survenir : cancers de l'endomètre, de l'estomac ou de la vessie.

Dans le syndrome de Gardner (apparenté à la polypose familiale), les malades souffrent en outre de kystes épidermoïdes, de tumeurs desmoïdes et d'ostéomes et de tumeurs cérébrales. (Juhn et al

Le syndrome de Turcot associe polypes et tumeurs cérébrales . Deux mutations génétiques ont été récemment mises en évidence dans ce syndrome : d'une part une mutation du gène APC et d'autre part une mutation des gènes de réparation de l'ADN de type hMLH1, hMSH2, hPMS1 ouhPMS2, ces dernières mutations étant rencontrées habituellement dans les syndrome HNPCC. Le syndrome de Turcot semble ainsi être une forme soit de polypose soit de syndrome de Lynch (Baehring J et al)

Le syndrome de Peutz-Jeghers-Touraine est une maladie autosomique dominante, en rapport avec une mutation d'un gène suppresseur (LKB1-STK11) situé sur le chromosome 19p (Tomlinson et al). Il est par l’association d’une polypose gastro-intestinale hamartomateuse, d’une pigmentation mélanique cutanéo-muqueuse (dite lentigineuse ou en 'peau de léopard') et d’un antécédent familial positif. La dégénérescence des polypes est rare sauf au niveau du duodénum.

Même dans les formes apparemment non héréditaires, il semble exister une prédisposition génétique au développement d'adénomes dans 20% de la population américaine, et donc un risque accru de cancers chez ces personnes.

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