Prévention chimique du cancer prostatique


La prévention chimique du cancer de la prostate a fait l'objet de nombreuses études préliminaires, non randomisées.

Très récemment a été publié dans le New England Journal of Medicine (N Engl J Med, 2003, 349, 3, 213) le résultat d'une étude prospective randomisée, en double aveugle (c'est-à-dire que ni les médecins ni les malades ne savaient le médicament pris), entre le finastéride et un placébo, pour la prévention des cancers de la prostate.

Le finastéride est un inhibiteur de la 5-alpha-réductase locale (au niveau de la prostate), qui transforme la testostérone en un androgène beaucoup plus puissant la dihydrotestostérone. Ce médicament est utilisé dans le traitement médical des hyperplasies bénignes de la prostate (ou adénome prostatique) et améliore les difficultés urinaires rencontrées par les sujets atteints. Il réduit la taille de la prostate (et de ce fait le taux de PSA sanguin d'environ 50%) : de ce fait, pour les sujets prenant du finastéride, on doit multiplier par deux leur taux de PSA pour comparer avec les sujets sans aucun traitement.

Environ 18.000 hommes, de plus de 55 ans, ayant un taux initial de PSA inférieur à 3 ng/ml et un TR normal, ont été inclus dans cette étude prospective et ont reçu soit du finastéride (Proscar™), soit un placébo. Les sujets ayant un taux de PSA dépassant 4 ng/ml (ajustés en multipliant par 2 pour les sujets recevant du finastéride) ou ceux ayant des troubles urinaires étaient examinés et éventuellement biopsiés (puis éventuellement traités).

L'étude devait initialement durer jusqu'en 2007, mais le Comité éthique (indépendant) de l'étude a demandé aux investigateurs d'arrêter l'étude, plus tôt, et de publier rapidement les résultats.

Les résultats primaires sont, en effet, probants.

On observe une diminution d'environ 25% du nombre de cancers prostatiques dans le groupe de sujets recevant du finastéride, et ce résultat positif a fait interrompre l'étude.

Cependant, dans le groupe recevant du finastéride, il semble que les cancers détectés soient plus indifférenciés (donc a priori plus graves avec un stade de Gleason plus élevé - cf. Classification) et on ne sait pas (à l'heure actuelle) quelle sera la réelle amélioration de la survie des sujets ayant été traités par finastéride par rapport aux sujets témoins.

Une surveillance prolongée de tous les sujets inclus dans cette étude s'impose donc aux auteurs : le but d'une prévention est, bien entendu, de diminuer la mortalité par le cancer.

Cependant, il n'est pas sûr que ce traitement 'préventif' soit une solution d'avenir, car il existe aussi quelques effets secondaires gênants (dans un traitement préventif !), comme une légère diminution de la puissance sexuelle ou de la libido, mais à l'inverse une légère amélioration des fonctions urinaires.

Il vous est possible d'avoir plus de renseignements sur le dépistage du cancer de la prostate en cliquant sur ce lien.

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