Le projet de désintoxication peut se faire

  • soit à la maison, sous la direction du médecin traitant,
  • soit en centre spécialisé.

La solution retenue est celle qui paraît la plus efficace au médecin (compte tenu de ses compétences notamment), mais aussi qui est bien acceptée par le patient. Quelle que soit la solution retenue, il existe deux phases assez différentes.

La phase médicale initiale

Elle comprend un bilan très approfondi tant clinique que biologique.

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On prescrit une hydratation forcée par voie buccale avec un traitement vitaminique B1 (intra-musculaire) pour la prévention d'un syndrome de sevrage aigu et notamment d'un délirium tremens (description sur le site Infomation Hospitalière).

On adjoint un traitement par une benzodiazépine, à doses progressivement décroissantes en dix jours, puis arrêt impératif pour ne pas risquer l’induction d’une pharmacodépendance.

Si besoin, on met en route, dès le premier jour, un traitement susceptible de diminuer l’alcoolo dépendance

  • On a constaté que, dans les membranes cellulaires des sujets surconsommateurs sevrés, certaines anomalies organiques persistaient durant une année au moins après l'arrêt de la prise d’alcool éthylique.
  • La déficience du système GABA-ergique (qui contribue à l'efficacité hypoexcitante des ions chlore) a été objectivement constatée. Elle pourrait avoir pour cause la diminution de l’affinité du GABA pour ses récepteurs, elle-même conséquence d'une raréfaction de ces derniers et d'une altération de leur activité fonctionnelle et/ou de leur structure.
  • Ceci a donné lieu à une application thérapeutique précise: l'Acamprosate (Aotal™) est un agoniste GABA-ergique, actif sur la sensibilité aux acides aminés excitateurs post-synaptiques (aspartate, glutamate et N.M.D.A.). En se fixant aux récepteurs GABA, il faciliterait la récupération de la transmission GABA ergique et accélérerait ainsi la disparition des anomalies biologiques.
  • La compilation des études montre que l’acamprosate diminue le risque de recommencer à boire de 84% comparativement au placebo. L’acamprosate augmente le temps avant la première consommation et diminue le risque relatif de rechute vers une consommation exagérée de 82% comparativement au placebo.
  • Par contre, chez les patients non abstinents, l’acamprosate n’a pas d’effet significatif sur le risque de consommation excessive.
  • La durée de traitement recommandée par l’acamprosate est de un an

Le patient s'engage à respecter l'abstinence et à participer aux différentes actions de groupe.

A domicile, le médecin de famille doit visiter son patient tous les jours et vérifier de façon discrète la réalité du sevrage. Le malade est en arrêt de travail impératif.

Cette phase initiale, quelquefois un peu périlleuse, dure une huitaine de jours.

Phase de consolidation psychologique

Elle est complexe et dure souvent plus d'une année. 

Elle nécessite le plus souvent la participation d'équipes psychologiques spécialisées.

Le discours doit être clair : un patient alcoolo-dépendant ne doit plus toucher une goutte d'alcool. Il ne semble pas exister de micro-doses n'entraînant pas un risque de rechute : ceci s'applique aussi bien à la boisson qu'à la préparation de certains gâteaux, voire même à l'utilisation de médicaments solubles dans l'alcool ou par voie cutanée (parfums).

Les séances de psychothérapie en groupe permettent de rappeler ce qu'est la dépendance corporelle à l'alcool et également aux patients de se redonner à eux-mêmes de la valeur. Elles permettent de se remémorer les situations de l'enfance ou de la jeunesse qui ont abouti à l'alcoolisme. Le patient alcoolique présente une déficience 'enzymatique' ou 'autre' (encore inconnue) comme un patient diabétique qui rend la drogue alcoolique absolument interdite. Même une petite dose (par exemple dans un gâteau) va entraîner chez le patient un sentiment d'inconfort par le souvenir de l'alcool.

En ce sens, c'est une nouvel isolement que va vivre le patient alcoolique puisque désormais tout alcool (et donc, pour beaucoup, toute fête familiale ou sociale) sera proscrit. Il conviendra pour lui de trouver les mécanismes de défense lui permettant de s'intégrer dans les groupes ou dans sa famille sans paraître idiot parce qu'il ne boit pas. Il est important également aux invitants de penser à mettre des boissons non alcoolisées sur le buffet voire à proposer à tous des substituts sans alcool.

Cette phase de consolidation doit aussi concerner la famille du patient qui va réapprendre à vivre avec un sujet redevenu tempérant mais fragile. Parfois, malheureusement, la famille a été disloquée par l'alcoolisme du patient. C'est là que le rôle des associations d'anciens buveurs peut prendre toute son importance.