Etude de la consommation mondiale

L'étude de la consommation d'alcool dans le monde est faussée par tout le secteur clandestin de fabrication et de consommation.

On fait des comparaisons internationales pour les adultes de plus de 15 ans, pan an en exprimant les résultats en litre d'alcool pur. Une correction est faite par rapport aux pays qui accueillent beaucoup de touristes (parfois le nombre de touristes est supérieur au nombre d'habitants).

La consommation non déclarée concerne la consommation non taxée en dehors de tout contrôle gouvernemental (fabrication domestique légale ou non, contrebande, alcool à usage commercial ou médical détourné de leur destination, alcool acheté à la frontière).

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La fabrication domestique est le plus souvent en rapport avec la fermentation du sorgho, du millet, du mais, du riz ou des fruits. Un certain nombre de sources permettent d'avoir une estimation de la consommation clandestine.

En France, comme pour le tabac, l'activité clandestine est faible (et a été très sévèrement réprimée lors de la disparition du privilège des bouilleurs de cru). Les chiffres les plus récents (le tableau fait référence à l'année 2005 - Expression en litre d'alcool pur), retrouvés sur le site de l'OMS, sont les suivants :

Pays

Consommation  totale
Dont non déclarée
Pologne 13.3 3.7
Portugal 12.2 2.1
Luxembourg 13.0 1.0
FRANCE 13.7 0.4
Hongrie 16.3 4.0
Espagne 11.6 1.4
Danemark 13.4 2.0
Allemagne 12.8 1.0
Autriche 12.6 0.6
Suisse 10.4 0.5
Irlande 13.4 1.0
Royaume Uni 11.7 1.7
Etats Unis 9.4 1.0
Japon 7.8 0.2

En France, la consommation totale d'alcool pur est en baisse : 13.7 l d'alcool pur par an et par habitant (contre 17,7 l en 1961).

Surtout, la consommation des français s'est modifiée. Il y a trente ans : 82,5 % des ménages achetaient du vin pour leur repas quotidien contre 34,8 % aujourd'hui.

Les français tendent à privilégier les vins haut de gamme et boivent de moins en moins les vins de table. Les producteurs ont adapté leur production  (production de vins d'appellation contrôlée). 

La prise de boisson est moins quotidienne qu'avant et de plus en plus rythmée par les circonstances (cérémonies, fêtes), notamment pour les consommateurs irréguliers.

Les bouleversements sociologiques expliquent la baisse constatée de la consommation d'alcool : 

    • baisse des populations rurales et ouvrières pour lesquelles le vin était censé apporter un surcroît d'énergie, 
    • mode de vie différente, 
    • restauration rapide et journée continue. 

Même l'alcoolisme mondain a tendance à diminuer (moins de vin consommé au restaurant). 

Seule la consommation de bière augmente. Elle reste la boisson préférée des jeunes

Années Vins 
(litres)
Bières
(litres)
Spiritueux 
(litres d'alcool pur)
Total 
(litres d'alcool pur)
1961 

1970

1980

1985

1997

126.1 

109.1

91.0

79.7

60.0

37.2 

41.3

44.3

40.1

37.5

2.17 

2.30

2.52

2.32

2.4

17.7 

16.2

14.9

13.3

10.9

Contenu en alcool des principales boissons alcooliques

Chacun des verres suivant contient 10g d'alcool  et augmente l'alcoolémie d'environ 0.25 g/l :

 

 

10cl de vin 
à 12,5%
25cl de bière à 5% 3cl de whisky à 40% 8cl d'un apéritif
 à 16%

A concentration d'alcool égale, les conditions de consommation (à jeun ou pendant un repas) sont déterminantes dans les effets de l'alcool sur l'individu .

Exemple de consommation

Nous empruntons au site La Croix d'Or l'exemple d'une consommation soit-disant raisonnable que l'on observe fréquemment au décours d'un repas familial.

MENU : un repas normal.

Taux d'alcoolémie : 0 g / l au début du repas

Composant du repas Boisson  Alcoolémie (g/l) Cumul 
(g/l)

Apéritif

Un apéritif

0,28

 

Salade limousine

Un verre de vin blanc

0,25

0,53

Confit de canard

Un verre de vin rouge

0,25

0,78

Salade aux noix

Un verre de vin rouge

0,25

1.03

Fromages

Un verre de vin rouge

0,25

1,28

Sorbet colonel

Rhum dans la glace

0,23

1,51

Café + pousse

Une liqueur

0,13

1,64

Taux d alcoolémie : 1,64 g / l en fin du repas

Répartition des consommateurs

Il n'y a bien sûr aucune raison de faire de la morale dans un cours de médecine !

Mais force est de constater qu'au début du 21ème siècle de façon publique (et de façon inconsciente maintenant), on peut diviser la population française en deux catégories :

d'un côté les "bons buveurs" qui représentent 92% de la population et qui schématiquement comprennent:

65% des buveurs dits "normaux" : capables d'utiliser  l'alcool pour leur plaisir sans en avoir le déplaisir, capables de contrôler le produit alcool comme un conducteur contrôle son véhicule.

20% des buveurs dits "excessifs" , sorte de 'chauffards alcooliques', mais qui sont le plus souvent encore capables de freiner, voire d'arrêter leur véhicule alcool lorsque la nécessité s'en fait sentir.

7% d'abstinents plutôt considérés comme des originaux ou des gens gênants parce que n'adoptant pas les habitudes du groupe. On peut les subdiviser  en

personnes ne souhaitant pas boire de l'alcool pour des raisons personnelles,

des personnes intolérantes à l'alcool (ils sont très rares en France...) 

personnes qui ne peuvent en boire en raison d'une maladie (exemple : hépatite), 

personnes obéissant à une loi ou à un interdit religieux, 

un contingent assez important des abstinents est représenté par des malades alcooliques qui ont décidé de se sortir de la dépendance.

d'un autre côté les "mauvais buveurs" qui représentent 8% de la population :

    Ce sont les buveurs, incapables d'arrêter leur maladie d'alcool, et qui par leur 'mal boire' mettent très mal à l'aise les 92% précédents : on a tendance à voir en eux des êtres possédant une tare ou un vice, des êtres dangereux ou des êtres inconscients et menteurs,  surtout des êtres sans volonté !. .

Réglementation

La réglementation de la boisson est relativement modeste en France à la différence de certains pays où la prohibition est importante, avec (en réaction ?) des excès de boissons considérables (Suède, mais surtout pays Anglo-Saxons). 

Réglementations d'encadrement ou de nature prohibitionniste :

  • limitation des heures d'ouverture des débits de boissons,
  • prévention de la sur-consommation,
  • interdiction de vente aux mineurs de moins de 16 ans et dans certains lieux (stade, stations d'essence, distributeurs automatiques).
Réglementation de la publicité (Loi Evin) :
  • publicité autorisée dans la presse écrite pour adultes, par voie d'affichage et à la radio (à certaines heures),
  • obligation d'insérer le message sanitaire "L'abus d'alcool est dangereux. A consommer avec modération".
  • Cependant, le lobby du vin est très puissant et cherche à supprimer plus ou moins complétement toute interdiction de publicité (notamment en 2004).
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