L'étude de la consommation d'alcool dans le monde est faussée par tout le secteur clandestin de fabrication et de consommation, qui échappe par définition à toute statistique (notamment dans les pays de l'Europe de l'Est).
En France, comme pour le tabac, l'activité clandestine est faible (et a été très sévèrement réprimée lors de la disparition du privilège des bouilleurs de cru). Les chiffres de 2001 s'établissaient ainsi :
| Pays |
Consommation (en litres d'alcool pur) |
| Portugal | 11.3 |
| Luxembourg | 11.2 |
| FRANCE | 10.9 |
| Hongrie | 10.1 |
| Espagne | 10.1 |
| Danemark | 9.9 |
| Allemagne | 9.5 |
| Autriche | 9.5 |
| Suisse | 9.2 |
| Irlande | 9.0 |
| Royaume Uni | 7.7 |
| États Unis | 6.6 |
| Japon | 6.6 |
| Pologne | 6.3 |
La consommation totale d'alcool pur est en baisse : 10,9 l d'alcool pur par an et par habitant (contre 17,7 l en 1961).
Surtout, la consommation des français s'est modifiée. Il y a trente ans : 82,5 % des ménages achetaient du vin pour leur repas quotidien contre 34,8 % aujourd'hui.
Les français tendent à privilégier les vins haut de gamme et boivent de moins en moins les vins de table. Les producteurs ont adapté leur production (production de vins d'appellation contrôlée).
La prise de boisson est moins quotidienne qu'avant et de plus en plus rythmée par les circonstances (cérémonies, fêtes), notamment pour les consommateurs irréguliers.
Les bouleversements sociologiques expliquent la baisse constatée de la consommation d'alcool :
- baisse des populations rurales et ouvrières pour lesquelles le vin était censé apporter un surcroît d'énergie,
- mode de vie différente,
- restauration rapide et journée continue.
Même l'alcoolisme mondain a tendance à diminuer (moins de vin consommé au restaurant).
Seule la consommation de bière augmente. Elle reste la boisson préférée des jeunes
| Années | Vins (litres) |
Bières (litres) |
Spiritueux (litres d'alcool pur) |
Total (litres d'alcool pur) |
1961
1970 1980 1985 1997 |
126.1
109.1 91.0 79.7 60.0 |
37.2
41.3 44.3 40.1 37.5 |
2.17
2.30 2.52 2.32 2.4 |
17.7
16.2 14.9 13.3 10.9 |
Chacun des verres suivant contient 10g d'alcool et augmente l'alcoolémie d'environ 0.25 g/l :
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|
|
10cl de vin à 12,5% |
25cl de bière à 5% |
3cl de whisky à 40% |
8cl d'un apéritif à 16% |
A concentration d'alcool égale, les conditions de consommation (à jeun ou pendant un repas) sont déterminantes dans les effets de l'alcool sur l'individu .
Nous empruntons au site La Croix d'Or l'exemple d'une consommation soit-disant raisonnable que l'on observe fréquemment au décours d'un repas familial.
Taux d ’alcoolémie : 0 g / l au début du repas
Composant du repas Boisson Alcoolémie (g/l) Cumul
(g/l)Apéritif
Un apéritif
0,28
Salade limousine
Un verre de vin blanc
0,25
0,53
Confit de canard
Un verre de vin rouge
0,25
0,78
Salade aux noix
Un verre de vin rouge
0,25
1.03
Fromages
Un verre de vin rouge
0,25
1,28
Sorbet colonel
Rhum dans la glace
0,23
1,51
Café + pousse
Une liqueur
0,13
1,64
Taux d ’alcoolémie : 1,64 g / l en fin du repas
Il n'y a bien sûr aucune raison de faire de la morale dans un cours de médecine !
Mais force est de constater qu'au début du 21ème siècle de façon publique (et de façon inconsciente maintenant), on peut diviser la population française en deux catégories :
d'un côté les "bons buveurs" qui représentent 92% de la population et qui schématiquement comprennent:
65% des buveurs dits "normaux" : capables d'utiliser l'alcool pour leur plaisir sans en avoir le déplaisir, capables de contrôler le produit alcool comme un conducteur contrôle son véhicule.
20% des buveurs dits "excessifs" , sorte de 'chauffards alcooliques', mais qui sont le plus souvent encore capables de freiner, voire d'arrêter leur véhicule alcool lorsque la nécessité s'en fait sentir.
7% d'abstinents plutôt considérés comme des originaux ou des gens gênants parce que n'adoptant pas les habitudes du groupe. On peut les subdiviser en
personnes ne souhaitant pas boire de l'alcool pour des raisons personnelles,
des personnes intolérantes à l'alcool (ils sont très rares en France...)
personnes qui ne peuvent en boire en raison d'une maladie (exemple : hépatite),
personnes obéissant à une loi ou à un interdit religieux,
un contingent assez important des abstinents est représenté par des malades alcooliques qui ont décidé de se sortir de la dépendance.
d'un autre côté les "mauvais buveurs" qui représentent 8% de la population :
Ce sont les buveurs, incapables d'arrêter leur maladie d'alcool, et qui par leur 'mal boire' mettent très mal à l'aise les 92% précédents : on a tendance à voir en eux des êtres possédant une tare ou un vice, des êtres dangereux ou des êtres inconscients et menteurs, surtout des êtres sans volonté !. .
La réglementation de la boisson est relativement modeste en France à la différence de certains pays où la prohibition est importante, avec (en réaction ?) des excès de boissons considérables (Suède, mais surtout pays Anglo-Saxons).
Réglementations d'encadrement ou de nature prohibitionniste :
- limitation des heures d'ouverture des débits de boissons,
- prévention de la sur-consommation,
- interdiction de vente aux mineurs de moins de 16 ans et dans certains lieux (stade, stations d'essence, distributeurs automatiques…).
Réglementation de la publicité (Loi Evin) :
- publicité autorisée dans la presse écrite pour adultes, par voie d'affichage et à la radio (à certaines heures),
- obligation d'insérer le message sanitaire "L'abus d'alcool est dangereux. A consommer avec modération".
- Cependant, le lobby du vin est très puissant et cherche à supprimer plus ou moins complétement toute interdiction de publicité (notamment en 2004).