La culture du tabac

Elle occupe en France environ 20.000 hectares permettant la production d'environ 50.000 tonnes de tabac. La culture est souvent familiale dans de petites exploitations.

Appelée autrefois plante à Nicot (du nom de Jean Nicot qui offrit du tabac à Marie de Médicis en 1560), le tabac est une plante herbacée annuelle qui atteint 1,5 à 2 m de hauteur, les feuilles utilisées pour la confection du tabac mesure de 80 cm à 1m. Les fruits sont des capsules et la graine très petite (10.000 au gramme) ne peut être semée directement.

 Le tabac nécessite un climat entre 12°C et 35°C, une importante humidité et un ensoleillement important (qui augmente la quantité de nicotine produite par la plante). Les techniques culturales sont complexes et nécessitent beaucoup de temps de main d'œuvre. Un semis est généralement fait en pépinière, puis un repiquage quand les plantes ont environ 6 feuilles (après 4 à 10 semaines). Ultérieurement, il faut supprimer les feuilles de base de la plante sans valeur productive et pincer le bouton floral pour avoir une meilleure teneur en nicotine. Après cet écimage, il faut également enlever les bourgeons latéraux pour que toute la sève se porte vers les feuilles.

La plante peut être attaquée par des parasites : notamment le mildiou, et de nombreuses viroses existent. La cueillette se fait, environ trois mois après le repiquage, feuille à feuille, pour une meilleure qualité, mais cette technique est coûteuse en main d'œuvre. 

Les feuilles récoltées sont ensuite séchées (mise à la pente) pendant environ plusieurs semaines jusqu'à la 'dépente' qui survient lorsque l'humidité est de l'ordre de 20%. Les feuilles sont ensuite pressées en balles d'environ 200 et livrées à l'industrie.

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Les feuilles récoltées sont ensuite séchées (mise à la pente) pendant environ plusieurs semaines jusqu'à la 'dépente' qui survient lorsque l'humidité est de l'ordre de 20%. Les feuilles sont ensuite pressées en balles d'environ 200 et livrées à l'industrie.

L'industrie de transformation

Selon les produits que l'on cherche à obtenir, les feuilles doivent être ré-humidifiées (par vapeur ou jets d'eau) pour pouvoir être hachées découpées en lanière de la largeur désirée. 

Pour les tabacs bruns, le tabac est torréfié au sortir du hachage. 

Pour les tabacs blonds, il est séché à plus basse température, après addition des parties non volatiles de la sauce aromatique ou 'sauçage'.

Le paquetage se fait mécaniquement. Les machines actuelles permettent la production de près de 7.000 cigarettes par minute, par assemblage du tabac, du papier et éventuellement du filtre. L'empaquetage peut se faire à une cadence de 400 paquets par minute.

Une aromatisation supplémentaire est effectuée pour certains tabacs sous forme volatile et l'empaquetage se fait dans des blagues en matière plastique très souple.

Les buralistes

Ils sont environ 34.000 en France. Il s'agit d'un métier "contraignant et peu rémunérateur, réservé aux Français et aux ressortissants de l'Union Européenne" , dont à peu près 20.000 arrivent à avoir un revenu à peine supérieur au SMIC malgré des activités annexes (loto, bonbons, timbres fiscaux  et vignette automobile etc.). Ils sont totalement contrôlés par le Ministère des Finances.

Les buralistes collectent plus 10 milliards d'euro de taxes sur le tabac, plus d'une trentaine de milliards d'euro par le biais de la vente de timbres fiscaux, d'amendes et de vignettes auto. Il s'agit typiquement d'un commerce de proximité. Il est intéressant de se promener sur le site de la Confédération des Buralistes, qui se présente comme le premier commerce de proximité

Les conditions pour devenir buralistes sont assez éxigeantes (cf. site des douanes).

Non seulement les débitants de tabac doivent présenter un casier judiciaire vierge mais, après avoir subi une enquête de moralité, ils doivent également apporter un quart du capital de leur fonds, prouver l'origine de cet argent et suivre une formation. 

Ils signent ensuite un traité de gérance de 3, 6 ou 9 ans, par lequel ils s'engagent à des missions de service public, à ouvrir 6 jours sur 7, 12 heures par jour, et à prévenir l'administration quand ils partent en congés. 

Depuis 5 ans, 2500 débitants ont cessé leur activité et les revenus de la profession ne cessent de diminuer. Toute diminution de la quantité de tabac fumé se répercute sur leurs revenus : aussi sont-ils très sensibles à la fiscalité croissante sur le tabac.

L'État

Il est certain que l'Etat profite abondamment du tabac. Comme pour l'essence, c'est lui qui tire le maximum de profit de la vente du tabac. Cela résulte de la volonté de la création de la SEITA (ou Société d'Exploitation Industrielle du Tabac et des Allumettes), après un rapport d'André Citroën, sous le gouvernement de Raymond Poincaré en 1926. Le but était de renflouer les caisses de l'État après les dépenses considérables de la première guerre mondiale.

A partir des publications du C.D.I.T (Centre d'information et de documentation sur le tabac) et du site des douanes publie le tableau suivant très instructif, concernant la répartition des bénéfices de la vente d'un paquet de cigarettes blondes avec filtre.

  Coût en 2001 En % du 
prix de vente en 2001
Coût en janvier 2004 En % du 
prix de vente en 2004
Coût en Novembre 2010 En % du prix de vente
Prix de vente au détail 3.35  € - 5.00 € - 5.60 € -
Remise aux débitants 0.26  € 7 %  0.40 € 8% 0.46 € 8.31%
Part du fabricant 0.51  € 16 %  0.58 €
11.6% 0.61 € 11.3%
Droit de consommation 2.01 € 60 %  3.20 € 64% 3.58 € 64%
TVA  0.57  € 16.4 % 0.82 € 16.4% 0.92 € 16.40%

A noter que le 'droit de consommation' varie selon la qualité du tabac fumé : il est de 27.6% pour les cigares, 58.6% pour le tabac à rouler les cigarettes, 45.6% pour le tabac à priser et 32.2% pour le tabac à mâcher.

Ainsi, on constate qu'au total 82% du prix de la cigarette revient à l'État, c'est à dire 4.50 € pour un paquet de cigarettes à 6.86 €.

Cependant, une partie non négligeable est reversée à la caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (38.8%), aux 'caisses et régimes de sécurité sociale' pour 36.3% au budget annexe des prestations sociales agricoles (20%),au fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (0.31%), au fonds de financement des prestations sociales des non salariés agricoles (0.30%), .

Les ressources fiscales dues au tabac sont en augmentation constante. En mettant en place un forte campagne anti-tabagique, l'État augmente aussi les taxes ce qui ne diminue pas, loin de là, ses revenus. Le graphique suivant, réalisé à partir des données du CDIT (mais en francs constants pour tenir compte de l'inflation qui augmente la pente des progressions des taxes), montre, à l'évidence, que l'État profite bien du tabagisme.

Cette fiscalité existe partout en Europe. Cette taxation lourde est à l'origine d'une contrebande florissante. La contrebande de cigarettes constitue un problème majeur pour certains états de l'Union Européenne. En France, chaque paquet de cigarettes vendu en contrebande représente un manque à gagner pour l'État de 2.6 € !

L' Italie compte plus de 25% de fumeurs de cigarettes de contrebande, l'Espagne et le Portugal 53%. On en dénombre 10 à 15% en Allemagne et 14 à 23% en Grande-Bretagne. Les chiffres pour la France seraient inférieurs à 5%.

Nous avons beaucoup apprécié cette petite animation !

A noter, pour nous rassurer, que malgré l'augmentation notable de la fiscalité, Altadis (successeur de la SEITA) est fière de publier que son chiffre d'affaires et son bénéfice continuent à augmenter régulièrement de 27% en 2007. Les chiffres récents sont moins brillants, avec une augmentation des bénéfices de seulement 14%, en 2010.

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