La culture du tabac

La culture du tabac a fortement diminué en France. Elle occupait, en 2011, environ 20.000 hectares permettant la production d'environ 50.000 tonnes de tabac. En 2017, il n'y a plus que 7.000 hectares représentant 14.000 tonnes de tabac. La culture est souvent familiale dans de petites exploitations. La mécanisation est difficile (en cours pour le tabac Virginie, mais très difficile pour le tabac Burley) et les subventions agricoles de la CE ont été supprimées.

Appelée autrefois plante à Nicot (du nom de Jean Nicot qui offrit du tabac à Marie de Médicis en 1560), le tabac est une plante herbacée annuelle qui atteint 1,5 à 2 m de hauteur ;les feuilles utilisées pour la confection du tabac mesure de 80 cm à 1m. Les fruits sont des capsules et la graine très petite (10.000 au gramme) ne peut être semée directement.

 Le tabac nécessite un climat entre 12°C et 35°C, une importante humidité et un ensoleillement important (qui augmente la quantité de nicotine produite par la plante). Les techniques culturales sont complexes et nécessitent beaucoup de temps de main d'œuvre. Un semis est généralement fait en pépinière, puis un repiquage quand les plantes ont environ 6 feuilles (après 4 à 10 semaines). Ultérieurement, il faut supprimer les feuilles de base de la plante sans valeur productive et pincer le bouton floral pour avoir une meilleure teneur en nicotine. Après cet écimage, il faut également enlever les bourgeons latéraux pour que toute la sève se porte vers les feuilles.

La plante peut être attaquée par des parasites : notamment le mildiou, et de nombreuses viroses existent. La cueillette se fait, environ trois mois après le repiquage, feuille à feuille, pour une meilleure qualité, mais cette technique est coûteuse en main d'œuvre. 

Les feuilles récoltées sont ensuite séchées (mise à la pente) pendant environ plusieurs semaines jusqu'à la 'dépente' qui survient lorsque l'humidité est de l'ordre de 20%. Les feuilles sont ensuite pressées en balles d'environ 200 et livrées à l'industrie.

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Les feuilles récoltées sont ensuite séchées (mise à la pente) pendant environ plusieurs semaines jusqu'à la 'dépente' qui survient lorsque l'humidité est de l'ordre de 20%. Les feuilles sont ensuite pressées en balles d'environ 200 et livrées à l'industrie.

A noter l'impact socio-économique majeur pour les pays étrangers concernés par la culture du tabac : désastre écologique et sanitaire, appauvrissement des populations concernées, travail des enfants.

Seuls 20% du tabac consommé en France provient de la Communauté Européenne.

L'industrie de transformation

La Seita a fermé sa plus grosse usine de production de tabac à Carquefou, près de Nantes. Il ne restait en 2014 que les usines de Riom (Puy-de-Dôme), du Havre et de Furiani en Corse. La plupart des usines sont situées soit en Europe soit aux USA.

Selon les produits que l'on cherche à obtenir, les feuilles doivent être ré-humidifiées (par vapeur ou jets d'eau) pour pouvoir être hachées découpées en lanière de la largeur désirée. 

Pour les tabacs bruns, le tabac est torréfié au sortir du hachage. 

Pour les tabacs blonds, il est séché à plus basse température, après addition des parties non volatiles de la sauce aromatique ou 'sauçage'.

Le paquetage se fait mécaniquement. Les machines actuelles permettent la production de près de 7.000 cigarettes par minute, par assemblage du tabac, du papier et éventuellement du filtre. L'empaquetage peut se faire à une cadence de 400 paquets par minute.

Une aromatisation supplémentaire est effectuée pour certains tabacs sous forme volatile et l'empaquetage se fait dans des blagues en matière plastique très souple.

Les buralistes

Ils étaient environ 34.000 en France en 2010, 25.000 en 2017. Il s'agit d'un métier "contraignant et peu rémunérateur, réservé aux Français et aux ressortissants de l'Union Européenne" , dont à peu près 20.000 arrivent à avoir un revenu à peine supérieur au SMIC malgré des activités annexes (loto, bonbons, timbres fiscaux  et vignette automobile etc.). Ils sont totalement contrôlés par le Ministère des Finances. Il y aurait près de 100.000 emplois en rapport avec ce commerce.

Les ventes de tabac s'élèvent à 18 milliards d'euros. Par ce biais, les buralistes collectent près de 10 milliards d'euro de taxes sur le tabac, plus d'une trentaine de milliards d'euro par le biais de la vente de timbres fiscaux, d'amendes et de vignettes auto. Il s'agit typiquement d'un commerce de proximité. Il est intéressant de se promener sur le site de la Confédération des Buralistes, qui se présente comme le premier commerce de proximité

Les conditions pour devenir buralistes sont assez éxigeantes (cf. site des douanes).

Non seulement les débitants de tabac doivent présenter un casier judiciaire vierge mais, après avoir subi une enquête de moralité, ils doivent également apporter un quart du capital de leur fonds, prouver l'origine de cet argent et suivre une formation. 

Ils signent ensuite un traité de gérance de 3, 6 ou 9 ans, par lequel ils s'engagent à des missions de service public, à ouvrir 6 jours sur 7, 12 heures par jour, et à prévenir l'administration quand ils partent en congés. 

Depuis 10 ans, plus de 10.000 débitants ont cessé leur activité et les revenus de la profession ne cessent de diminuer. Toute diminution de la quantité de tabac fumé se répercute sur leurs revenus : aussi sont-ils très sensibles à la fiscalité croissante sur le tabac.

L'État

Il est certain que l'Etat profite abondamment du tabac. Comme pour l'essence, c'est lui qui tire le maximum de profit de la vente du tabac. Cela résulte de la volonté de la création de la SEITA (ou Société d'Exploitation Industrielle du Tabac et des Allumettes), après un rapport d'André Citroën, sous le gouvernement de Raymond Poincaré en 1926. Le but était de renflouer les caisses de l'État après les dépenses considérables de la première guerre mondiale.

A partir des publications du C.D.I.T (Centre d'information et de documentation sur le tabac) ou de la Fédération Nationale des Observatoires Régionaux de Santé (Score Santé) et du site des douanes publie le tableau suivant très instructif, concernant la répartition énéfices de la vente d'un paquet de cigarettes blondes avec filtre.

  Coût en 2001 Coût en janvier 2004 Coût en Novembre 2010 Coût en 2018
Prix de vente au détail 3.35  € 5.00 € 5.60 € 8 €
Remise aux débitants 0.26  € 0.40 € 0.46 € 0.77€
Part du fabricant 0.51  € 0.58 €
0.61 € 0.63 €
Droit de consommation 2.01 € 3.20 € 3.58 € 5.27 €
TVA  0.57  € 0.82 € 0.92 € 1.33 €

A noter que le 'droit de consommation' varie selon la qualité du tabac fumé : il est de 50.7% pour les cigarettes, 27.6% pour les cigares, 44.5% pour le tabac à rouler les cigarettes, 53.8% pour le tabac à priser et 37.6% pour le tabac à mâcher.

Ainsi, on constate qu'au total 82% du prix de la cigarette revient à l'État, c'est à dire 6.60 € pour un paquet de cigarettes à 8 €.

Cependant, une partie non négligeable des 'droits à consommation' est reversée à la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie (68.1%), au budget annexe des prestations sociales agricoles (11%),au fonds de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (0.31%), à la CMU (3.15%), aux allocations familiales (7.3%).

Les ressources fiscales dues au tabac sont en augmentation constante.

Cette fiscalité existe partout en Europe. Cette taxation lourde est à l'origine d'une contrebande florissante. La contrebande de cigarettes constitue un problème majeur pour certains états de l'Union Européenne. En France, chaque paquet de cigarettes vendu en contrebande représente un manque à gagner pour l'État de 2.6 € !

L' Italie compte plus de 25% de fumeurs de cigarettes de contrebande, l'Espagne et le Portugal 53%. On en dénombre 10 à 15% en Allemagne et 14 à 23% en Grande-Bretagne. Les chiffres pour la France seraient inférieurs à 5% (?) et concernent surtout les régions frontalières.

Le vrai coût du tabac pour l'économie française

Selon une étude du cabinet Microeconomix et Le Parisien (publiée en mars 2015 dans Economie - Matin), ce sont les Français et les entreprises qui paient les surcoûts induits par le tabagisme. Les experts ont calculé quel devrait être le prix du paquet de cigarettes pour qu'il ait un impact zéro sur l'économie française.

Grâce au tabac, l'Etat gagne de l'argent.

Il existe certes un surcoût lié au tabac de 19,6 Md€ par an pour l'Etat : 3,3 Md€ d'impôts non perçus à cause des décès prématurés des fumeurs et 16,3 Md€ de surcoût des dépenses de santé. Grâce aux taxes diverses imposées aux fumeurs sur le prix du paquet l'Etat touche 14 Md€ par an, et 6,6 Md€ grâce... aux pensions et retraites non versées aux fumeurs décédés prématurément. Au total, chaque année, pour l'Etat, le solde est positif : 1 Md€ .

Les entreprises perdent, elles, quelques 16 milliards d'euros par an à cause des frais de recrutement et de formation à la suite du décès d'un collaborateur ainsi qu'à la perte de chiffre d'affaires. Pour compenser cette perte, le prix du paquet de cigarettes devrait être de l'ordre de 13 €.

Sii on ajoute la perte de revenus que les fumeurs peuvent avoir au cours de leur vie à cause des maladies liées à la cigarette, le paquet devrait être à 15,7 €.

Nous avons beaucoup apprécié cette petite animation !

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