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le 30/07/2017
Réactions générales

Anorexie

L'anorexie correspond à la perte du désir de manger ou perte de l'appétit.

L'anorexie est induite par trois phénomènes différents qui se rencontrent au cours du cancer : 

  • la satiété précoce :  la personne concernée est incapable de manger plus que quelques bouchées,

  • les nausées : la personne a envie de vomir dès qu'elle voit l'alimentation,

  • la perte ou les modifications du goût et des odeurs : aucun élément n'est agréable à manger, l'odeur de la viande, du porc, du jambon devient désagréable. La personne ne peut plus préparer ses repas du fait de cet inconfort.

Au cours du cancer, l'anorexie peut être en rapport avec le cancer, avec le traitement mis en place ou avec les conséquences psychologiques du cancer.

Un certain nombre d'anomalies biologiques dues au cancer sont parfois retrouvées : 

  • augmentation du taux de lactate sérique, en rapport avec la masse tumorale,

  • cétose en rapport avec le jeûne,

  • hypercalcémie (paranéoplasique ou au cours de métastases osseuses),

  • les modifications anatomiques en rapport avec les tumeurs digestives et les conséquences mécaniques qu'elles entraînent : oropharynx,  œsophage, estomac, pancréas, foie, péritoine.

  • la sécrétion anormale de bombésine (neuropeptide) produit par les cancers à petites cellules du poumon ou de sérotonine par les tumeurs carcinoïdes,

  • augmentation du taux de tryptophane en rapport avec un métabolisme intra-tumoral anormal,

  • la production de cytokines anorexigènes par la tumeur, notamment le TNFα (Tumor Necrosis Factor α), IL1 (Interleukine 1) ou l'IFN-γ (Interféron γ ), qui semblent avoir un effet direct sur le centre nerveux de la satiété (aire hypothalamique).

La plupart des traitements du cancer favorisent dans un premier temps l'anorexie : 

  • modifications du goût et difficultés alimentaires post-opératoires,

  • vomissements et nausées entraînées par la radiothérapie, mucite, sécheresse des muqueuses digestives entraînant la disparition de la sécrétion salivaire,

  • nausée, vomissements, mucite induits par la chimiothérapie.

L'anorexie peut être en rapport avec les conséquences psychologiques induites par le cancer :

  • anorexie transitoire en rapport avec l'annonce de la maladie,

  • dépression psychotique réelle favorisée par le cancer entraînant une perte de poids majeure et nécessitant un traitement à visée anti-dépressive.

Cachexie

La cachexie, ou altération de l'état général avec  amaigrissement progressif, est la conséquence de l'anorexie et de l'évolution de la maladie cancéreuse. Plusieurs facteurs déclenchants sont incriminés :

  • l'effet de détournement du métabolisme normal pour la construction de la tumeur,

  • l'effet de masse tumorale elle-même, et la sécrétion par la tumeur ou les cellules mononucléées de l'hôte de cytokines nécrotiques

  • l'atteinte du tube digestif (avec syndromes sub-occlusifs a minima) avec des troubles de l'absorption des nutriments,

  • l'effet complémentaire de mauvaise alimentation et de dénutrition entraîné par l'alcoolisme et le tabagisme,

  • la présence de métastases hépatiques (mauvais métabolisme des différents nutriments).

La manifestation clinique la plus facile à mesure est l'amaigrissement parfois masqué par un oedème ou un épanchement. Des pertes de poids de l'ordre de 10% à 20% du poids initial sont souvent rencontrés au cours des cancers très anorexigènes, comme le cancer de l'œsophage ou de l'estomac. Il existe un rapport très net entre l'amaigrissement constaté au début du traitement d'un cancer et le mauvais pronostic de ce cancer.

Une dénutrition très importante est parfois observée au cours de certains traitements (radiothérapie pour un cancer ORL, chimiothérapie mal supportée) et doit faire arrêter momentanément la thérapeutique et prendre des mesures correctives (comme l'hyper-alimentation par composants nutritifs ou la nutrition parentérale totale).

La grande cachexie (notamment celle observée en fin de vie) se manifeste par une grande émaciation, une fonte des masses musculaires et même adipeuses, une fragilité de la peau qui devient parcheminée, une perte du dentier devenant trop grand, la vision du squelette à travers une peau racornie. Des complications peuvent survenir rapidement, notamment au niveau de la bouche sèche et des points d'appui du corps (escarre de décubitus).

Biologiquement, cette cachexie se manifeste par une métabolisme accru des lipides et des protides, une anémie (en dehors de toute cause clairement manifeste), une hypo-albuminémie, et une fréquente hypo-natrémie (sans cause clairement définie).

Fièvre

La fièvre survient très fréquemment au cours des cancers, notamment en phase terminale.

Il faut certes chercher systématiquement un syndrome infectieux (cf. chapitre sur les urgences en cancérologie), mais celui-ci n'est pas toujours présent.

La fièvre  peut être spécifique de certains types de cancers (maladie de Hodgkin, leucémie aiguë, cancer du rein, sarcome ostéogénique, myxome atrial, notamment), s'accompagner de sueurs et faire partie des éléments de diagnostic et de pronostic de ces cancers (fabrication d'interleukine 1 ?).

Plus généralement, on observe une fièvre en cas de masse tumorale importante, (à peu près les mêmes mécanismes que la cachexie), avec nécrose tumorale  qui peut se compliquer de surinfections locales (parfois en raison de microbes anaérobies). 

La présence de métastases hépatiques entraîne souvent des fièvres modérées qui répondent souvent aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ou stéroïdiens (corticoïdes).

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